Un traitement contre l’hyperactivité nuisible pour le sommeil ?

Le 6 décembre 2015 - Par Manon Costantini

Selon une étude américaine, publiée dans la revue Pediatrics, certains médicaments utilisés contre les troubles de l’attention et l’hyperactivité seraient nuisibles pour le sommeil des enfants. Décryptage. 

Ainsi cette étude pointe du doigt un médicament contre les troubles de l’attention et l’hyperactivité, autrement appelés TDAH. Le mis en accusation se nomme méthylphénidate, plus connu sous les noms sous lequel il est vendu : Concerta, Quasym ou Ritaline. Prescrit pour ses effets psychostimulants très proches des amphétamines, il a vocation à améliorer considérablement l’attention et la concentration chez les enfants âgés de 6 ans et plus. Depuis son arrivée sur le marché en 1996 en France, ce médicament connaît un succès grandissant pour ses effets thérapeutiques. Entre 1996 et 2012, le nombre de boites vendues est ainsi passé de 26.000 à 494.000.

Un médicament controversé 

Pour autant la méthylphénidate serait quand même un produit à surveiller. En effet, le remède pourrait exposer à de nombreux effets indésirables, parfois graves, comme des risques neuropsychiatriques ou même un risque d’altération de la croissance chez l’enfant. Au niveau du sommeil, aussi, il est sujet à controverse… Alors que certains professionnels de santé assurent que le médicament aide à l’endormissement, d’autres, au contraire, l’accusent d’y d’être nuisible.

Un traitement à adapter à chaque enfant 

Finalement, des scientifiques de l’Université du Nebraska-Lincoln ont fait le choix d’analyser 167 études différentes sur le sujet. 9 ont été mises en exergue et plus attentivement observées. Est ainsi ressorti de cette méta-analyse que plus la fréquence de prise du produit est grande, plus les troubles du sommeil surviennent, en particulier chez les garçons. Et, puisque ces perturbations à l’endormissement peuvent directement provoquer des troubles cognitifs et, donc, nuire au traitement général… le sujet mérite d’être exploré. Une psychologue américaine interrogée sur l’étude préconise ainsi aux pédiatres « d’adapter le dosage et la fréquence de prise à chaque enfant afin de limiter les troubles du sommeil et traiter efficacement les symptômes du TDAH ». 

©2015 iStockphoto / Lisa5201

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