Surmenage : c’est dur, dur de travailler

Le 23 février 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

La sortie du livre « Ne vous tuez plus au travail » délivrant des témoignages recueillis par l’équipe du chercheur Jean-Denis Budin, véritables cris d’alerte sur les dangers du surmenage professionnel, représentent une nouvelle occasion de revenir sur le mal-être des travailleurs. 

Burn-out, rupture d’anévrisme, dépression, accident: le surmenage professionnel serait trop « mésestimé, voire nié  » parce qu’il est la somme de cas individuels et qu’il y a une « difficulté incontestable » à en distinguer les facteurs professionnels et personnels, explique ainsi Jean-Denis Budin, cofondateur du Credir, association créée en 2013 à Kientzheim, dans le Haut-Rhin, pour aider les dirigeants et cadres d’entreprise en état d’épuisement physique et mental.

Surmenage = burn-out, rupture d’anévrisme, dépression, accident

L’ouvrage qu’il nous propose « repose entièrement sur le vécu », souligne-t-il. Les situations décrites retracent, de façon anonyme, une partie des 200 témoignages accumulés en quatre ans par le Credir lors des « récits de vie » qui inaugurent chacun des stages très originaux de remise en forme. Un brillant ingénieur terrassé par une rupture d’anévrisme à force de travailler 90 heures par semaine entre ses multiples dossiers et les téléconférences avec l’autre bout du monde; la cheffe de produits à l’international en surrégime de boulot qui, un matin de repos, ne s’est plus réveillée; le patron de PME à la trésorerie exsangue qui se tue au volant après avoir appris un nouvel échec de commandes; le cadre confirmé victime d’un burn-out et un autre victime d’un AVC après des mois de pression de la nouvelle direction.

Le syndrome des 3S : suractivité, stress prolongé, sommeil insuffisant

Relax, refresh and recharge in officeL’ouvrage, sorti début février, regorge d’histoires, parfois dramatiques, dont l’origine est la suractivité professionnelle. Enseignant et chercheur en sciences de gestion, Jean-Louis Budin a lui-même connu un burn-out en 2008. L’équipe du Credir a acquis la conviction qu’il existe un « syndrome des 3S : suractivité, stress prolongé, sommeil insuffisant » déclencheur potentiel d’un cercle infernal contre lequel le livre se veut être « lanceur d’alerte ». L’ouvrage entend démontrer un lien entre les « 3S » et des maladies physiologiques, en particulier des dysfonctionnements du cerveau, « grand oublié de la santé », selon les auteurs qui s’appuient sur l’analyse de professionnels de la santé et les recherches en neurosciences. Ceci expliquerait les « erreurs cognitives », de jugement ou de gestion, totalement inattendues de la part d’un manager réputé infaillible, avancent les auteurs.

Cinquante recommandations concluent l’ouvrage. L’une d’elles appelle à considérer comme « toxique pour la santé » le fait de travailler plus de 70 heures par semaine. Une autre conseille de ne pas dépasser 80 heures d’activités professionnelles et extraprofessionnelles. Une troisième invite à se déconnecter des outils numériques une à deux heures avant de se coucher.

  • goupil

    Dans les années 50 à 70 nous travaillons 10H par jour soit 50h semaine plus pour gonfler nos salaires modestes 4h le samedi pas obligatoire.Retraite à 65ans 3 puis 4 semaines de congés payés.Le secret pas la télé jusqu’a 23H ou minuit pour le réveil a 5h.Des weekend a toute allure a se taper des bouchons et tout cela se paie un jour mais pas toujours de la faute du travail.Mais belle découverte de ce mot britih burn.Tant mieux les temps changent 35h/semaine 5semaines de congés +RTT que ce monde est fragile!!!!!

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