Pourquoi un calendrier vaccinal ?

Le 28 février 2015 - Par Gaële Bengui

Chaque année, le calendrier vaccinal détermine la liste des vaccins recommandés. Il évolue au fil des années, en fonction des risques encourus par la population d’un pays mais aussi des progrès accomplis…

« Le calendrier vaccinal présente un intérêt majeur car il est l’expression de la politique vaccinale d’un pays. », commente Joël Gaudelus, professeur en pédiatrie et auteur d’un livre de vaccinologie*. Chaque pays possède sa propre épidémiologie et les risques de maladies varient selon les régions du monde. Le calendrier vaccinal est créé en fonction de l’épidémiologie d’un pays et d’études faites sur le rapport bénéfice-risque individuel et collectif vis-à-vis d’une pathologie donnée. S’il est essentiel de suivre ce calendrier, c’est parce que sa mise en place a largement contribué à venir à bout de certaines maladies. « Si vous comparez les taux de mortalité, avant et après vaccination, en France pour des cas de tétanos, de poliomyélite  aiguë, ou encore de diphtérie, vous allez très vite constater et mesurer les extraordinaires progrès accomplis grâce à la vaccination », rappelle le professeur. Ces maladies, devenues très rares en France, voire inexistantes, à l’heure actuelle, ont pu être éradiquées grâce et seulement grâce à la vaccination. Doit-on rappeler qu’à cause d’une couverture vaccinale insuffisante, la France fait face depuis le 1er janvier 2008 à une épidémie de rougeole ? 20 000 cas ont été déclarés depuis cette date, dont 15 se sont transformées en encéphalites et près d’une dizaine ont abouti au décès des patients…

Pour qu’une pathologie disparaisse, il faut qu’au moins 95 % de la population ait été vaccinée contre

Des progrès chaque année…Vaccins

Pour qu’une pathologie disparaisse, il faut qu’au moins 95 % de la population ait été vaccinée contre, d’où l’importance de suivre les recommandations. Et un calendrier vaccinal ne se construit pas à la légère : « Il est élaboré par une commission spécialisée du Haut Conseil de Santé Publique : le Comité Technique des Vaccinations, qui se réunit tous les ans. Des professionnels étudient, à cette occasion, les nouveaux travaux et émettent une opinion. Il reviendra ensuite au ministre de la santé d’amender le nouveau calendrier vaccinal », explique Joël Gaudelus. Un calendrier qui évolue, chaque année, au fur et à mesure des progrès de la science mais qui doit aussi « tenir compte des recommandations de l’OMS », aime à rappeler le pédiatre. « On peut avoir un nouveau vaccin, soit parce qu’on a découvert un nouvel antigène permettant de développer un traitement contre une nouvelle maladie, soit parce qu’on a amélioré un vaccin qui existait déjà (par exemple celui contre la coqueluche.) » Quoi qu’il en soit le calendrier vaccinal reste le seul élément tangible sur lequel les patients doivent s’appuyer pour être sûr de suivre les meilleures recommandations, celles élaborées par des médecins !

*Vaccinologie / Progrès en Pédiatrie – Editions Doin – 2008