Orgasme féminin : tout ce que vous rêviez de savoir !

Le 30 janvier 2018 - Par Vanessa Bernard

Jamais sujet n’aura autant suscité de questions. L’orgasme féminin demeure ainsi un grand mystère, un processus complexe que nous allons essayer de percer…

Phénomène naturel, l’orgasme féminin résulte de l’excitation sexuelle que ressent chaque femme et qui influe tant sur son corps que son esprit. Phénomène complexe, également, suscitant de nombreuses interrogations depuis la nuit des temps, s’il peut se décrire de façon assez schématique et universelle, il n’est en aucun cas garanti en cas de rapports intimes pour ces dames, au grand dam de ces messieurs qui rêveraient eux de toujours faire monter leurs partenaires au septième ciel ! Il faut savoir, pourtant, qu’au même titre que les hommes qui ont parfois une vision erronée et  réductrice du plaisir féminin, les femmes elles aussi peuvent avoir des lacunes sur leur propre ressenti.

Et alors que nous nous contentons de comprendre « comment », la science elle, a plutôt choisi de se pencher sur la question du « pourquoi ». Quel est le sens de l’orgasme ? A-t-il une fonction dans les mécanismes essentiels à notre survie ? Alors que l’orgasme masculin, sans pour autant le réduire à une simple formalité, est plus « expéditif », et est clairement au service de la reproduction, on cherche encore à trouver un but à son pendant féminin.

 Il faut savoir, pourtant, qu’au même titre que les hommes qui ont parfois une vision erronée et  réductrice du plaisir féminin, les femmes elles aussi peuvent avoir des lacunes sur leur propre ressenti.

Orgasme féminin : la stimulation sexuelle… de la tête aux pieds

C’est le cerveau qui accueille la stimulation sexuelle du corps, qu’il traite et analyse. Il provoque alors une réaction, basée sur l’expérience, les acquis et les influences de la personne. Le cerveau peut ainsi suggérer diverses émotions provoquées par la pensée (les imaginations sexuelles), la stimulation visuelle (la vision du partenaire nu par exemple), la stimulation auditive (la voix du partenaire, les sons extérieurs…), la stimulation olfactive (l’odeur du partenaire et autres stimuli olfactifs) et le goût (le goût du corps du partenaire ou autres expériences gustatives…). Le corps peut aussi se mettre dans un état d’excitation en raison du contact de sa propre peau sur certaines matières ou de la peau de son partenaire. Les caresses des parties génitales ou érogènes, de la poitrine, par exemple, ou encore, un simple courant d’air sur la peau sont autant de stimuli différents pouvant amener la femme à la jouissance ! De même, une simple pensée plus ou moins érotique, un parole parfois romantique à l’extrême, et d’autres fois, plutôt “crue” ont également le pouvoir de déclencher un orgasme.

Dans tous les cas, il y a dans l’orgasme au féminin une réelle interaction entre les stimulations du corps et de l’esprit : les images issues de notre cerveau font naître une réelle sensation physique. 

En la matière d’orgasme au féminin, il n’est donc pas de règle. Quand certaines phases peuvent être ignorées ou rapidement traversées, les temps de pause entre chaque moment d’excitation ne sont pas non plus fixés

Le cycle du désir sexuel

Lors de l’orgasme, le corps de la femme reçoit deux décharges physiques :  la première que l’on nomme la vasodilatation se manifeste par la concentration de sang dans la poitrine et les parties génitales. Ainsi le corps de la femme se gorge de sang au niveau de ces zones en en changeant la couleur, la température et la sensibilité. On parle même d’érection féminine. La deuxième réaction corporelle ressentie est la « Myatonie » ou la décontraction musculaire, pendant laquelle tous les muscles du corps se relâchent provoquant ainsi cette sensation de bien-être. Les sexologues ont également décomposé l’orgasme féminin en phases : la phase d’excitation, la phase de plaisir en plateau, la phase de l’orgasme et la phase de détente. Des définitions évidemment arbitraires et qui peuvent, bien sûr, être changeantes d’une femme, l’autre et ressentie différemment à chaque fois. On ne le dira jamais assez : souvent femme varie…

En la matière d’orgasme au féminin, il n’est donc pas de règle. Quand certaines phases peuvent être ignorées ou rapidement traversées, les temps de pause entre chaque moment d’excitation ne sont pas non plus fixés… Il arrive aussi que le cycle soit perturbé par un évènement extérieur ou au contraire décuplé comme lorsque l’excitation augmente lors d’un trajet en voiture après un dîner romantique par exemple…

Quels en sont les symptômes physiques ?

Lors des phases précédant ou accompagnant l’orgasme, on observe certaines réactions physiques en réponse à divers stimuli :

  • L’humidité vaginale ouvre le bal et se manifeste au bout de 10 à 30 secondes ;
  • Les deux tiers supérieurs du vagin s’élargissent ;
  • L’utérus et son col sont tirés vers le haut ;
  • Les grandes lèvres de la vulve deviennent plates et s’éloignent un peu l’une de l’autre ;
  • Les petites lèvres de la vulve augmentent de volume ;
  • Le clitoris grossit ;
  • Les mamelons peuvent devenir fermes, conséquence des contractions musculaires ;
  • A un certain niveau d’excitation, on peut observer une augmentation de la taille de la poitrine.

Pendant la phase de plateau, on observe :

  • Une augmentation claire de l’excitation sexuelle ;
  • La vasodilatation s’accroît ce qui fait enfler la cavité vaginal et réduit ainsi son ouverture d’environ 30% ;
  • La cavité vaginale se contracte et forme ainsi un espace donnant une sensation à la femme d’un désir d’être « comblée » ;
  • Le clitoris devient de plus en plus érectile ;
  • Les lèvres de la vulve intérieures s’épaississent clairement ;
  • La couleur des lèvres de la vulve intérieures change distinctement. Elles passent du rose au rouge voir à l’écarlate pour les femmes ayant déjà donné naissance ;
  • Les aréoles, ces zones pigmentées situées autour des mamelons, commencent à s’enfler.
  • Chez 20 à 25% des femmes, la poitrine peut augmenter de volume ;
  • 50-70% des femmes ressentent un « sexe flush » dans la poitrine ;
  • La fréquence cardiaque augmente ;
  • Il y a une augmentation claire de l’excitation sexuelle dans la partie supérieure des cuisses et les fessiers.

Pendant l’orgasme :

  • On note des contractions musculaires rythmées du vagin, de l’utérus et de l’anus ;
  • Après ces premières contractions, qui se répètent dans un laps de temps de l’ordre de la seconde (0,8 précisément !), d’autres vont suivre et peuvent laisser place à un orgasme plus long avec moins de contractions mais plus longues ;
  • Le « Sexe flush » devient encore plus marqué et peut saisir un plus grand nombre de zones du corps ;
  • Des contractions musculaires peuvent également se produire dans tout le corps et pas seulement dans le domaine de bassin ;
  • L’orgasme a lieu aussi dans le cerveau, et comme on a pu l’observer, stimuler certaines zones du plaisir.
  • Certaines femmes présentent une éjaculation féminine. Il peut ici s’agir d’expulsion plus ou moins puissante de liquide vaginal ou d’urine. Là encore, pas besoin de dramatiser la situation ou de sentir une gêne quelconque, ce phénomène étant la résultante d’un orgasme puissant et donc du plaisir de sa partenaire ;
  • L’expression du visage de la femme peut aussi être assimilé à un sentiment de douleur lors d’un orgasme réellement satisfaisant ;
  • Au paroxysme de l’orgasme, tout le corps peut littéralement se rigidifier pendant quelques secondes.

Au paroxysme de l’orgasme, tout le corps peut littéralement se rigidifier pendant quelques secondes.

Orgasme féminin : fréquence et durée

Douze secondes, c’est le temps que le corps mettra á revenir à la normale. Alors que tous les orgasmes sont les mêmes au niveau organique, et varient seulement dans la force et la longueur, une femme ne les éprouvera pas tous de la même façon. Un orgasme par la masturbation est par exemple totalement différent de celui ressenti lors d’un rapport sexuel avec un partenaire. Il arrive d’ailleurs souvent que les femmes évoquent des orgasmes plus satisfaisants seules : peut-être est-ce dû au fait que toute leur concentration est alors dédiée à leur propre plaisir. Mais encore une fois, ce n’est pas une règle.

Il arrive d’ailleurs souvent que les femmes évoquent des orgasmes plus satisfaisants seules : peut-être est-ce dû au fait que toute leur concentration est alors dédiée à leur propre plaisir

Quant à la fréquence des orgasmes, on prêterait à l’âge, le phénomène : ainsi, entre 25 et 29 ans, il serait fréquent, jusqu’à baisser dramatiquement la cinquantaine venue. Les raisons du phénomène sont variées mais certaines femmes interrogées sur le sujet évoquent de simples maladresses de leur partenaire, des raisons hormonales (la ménopause, généralement) ou encore, parfois des maladies physiques ou psychiques (par exemple des dépressions). Sont également mis en cause les médicaments, le stress, la nervosité, des sentiments de culpabilité, la crainte de l’intimité, une grossesse indésirable, la peur de la perte de contrôle…

L’orgasme : ce grand malentendu !

Il n’est aucune recette miracle, donc, pour que la femme parvienne à l’orgasme. Pas même pour les premières concernées. Le mécanisme est extrêmement complexe et ses caractéristiques physiques changent de femme en femme, et même d’orgasme en orgasme. Il est parfois difficile pour une femme d’identifier la limite entre l’orgasme fantasmé, stimulé par des sensations érotiques et le réel orgasme physique. Mais il faut savoir, qu’en aucun cas l’orgasme n’est lié aux sentiments éprouvé pour son partenaire. Et en aucun cas, on l’a vus, il n’est systématique.

Il est parfois difficile pour une femme d’identifier la limite entre l’orgasme fantasmé, stimulé par des sensations érotiques et le réel orgasme physique.

Il est donc aussi important de déculpabiliser le partenaire qui ne doit en aucun cas se sentir fautif de ne pas donner de plaisir à sa compagne, car plaisir ne rime pas forcément avec orgasme. La femme, de son côté, ne doit pas voir d’échec quand elle ne jouit pas. Car ces situations, souvent sources de non-dits peuvent provoquer des frustrations dans le couple et amener à des blocages. Le secret pour une bonne entente sexuelle est justement d’éviter les secrets !

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