Cancers : le suivi médecin/hôpital en cause – Etude

Le 23 octobre 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

Avec la démocratisation de la prise en charge du patient cancéreux en ville, les  médecins généralistes sont de plus en plus sollicités dans le cadre du suivi des malades. Seulement voilà, il semblerait que le manque d’information ou de communication avec l’hôpital leur compliquerait la tâche. Explications.

C’est en tout cas ce que souligne une étude de la Drees (service statistique du ministère de la Santé), signalant en préambule que « le rôle du médecin généraliste dans certains aspects du suivi » des cancers est amené à se développer. De fait, « le nombre de cancers (estimé à 385.000 en 2015) augmente » tandis que la mortalité associée diminue. Effets secondaires, risques de rechute… « la prise en charge des personnes ayant survécu » à cette maladie (au nombre de 3 millions environ) représente « également un enjeu de taille ». Pourtant, « un tiers des généralistes n’ont suivi aucune formation complémentaire en lien avec l’oncologie », notent les auteurs de l’étude, qui s’appuie sur un panel de près de 1.200 praticiens interrogés entre décembre 2015 et mars 2016.

Manque de formations et d’informations

Ainsi, les deux tiers des médecins éprouvent « des difficultés pour accompagner la fin de vie, gérer les effets indésirables des traitements ou prendre en charge les séquelles du cancer ». Des difficultés principalement liées, en dehors de l’âge des praticiens, à
un « manque de transmission d’information en provenance des hôpitaux ou des médecins spécialistes » (leur première source d’information sur le cancer) dans les délais utiles. Ainsi, « au moment de l’annonce du diagnostic, seuls 31 % des médecins disposent d’une information complète sur la pathologie de leurs patients, telle qu’elle est recommandée par le plan Cancer » 2014-2019.

Une véritable collaboration semble donc faire défaut

Moins d’un sur cinq « reçoit systématiquement l’information sur les effets secondaires attendus des traitements et plus d’un tiers ne sont jamais sollicités pour donner leur avis sur la faisabilité du retour ou du maintien à domicile ». Ce manque de communication entre hospitaliers et généralistes « n’est pas une spécificité française », souligne la Drees, citant des études italienne et américaine. Mais l’amélioration de « la coordination ville-hôpital » figure parmi les objectifs du plan cancer. Or « plus qu’une simple amélioration de l’information, c’est bien une véritable collaboration qui semble faire défaut », constatent les auteurs de l’étude.

Autre enseignement, « plus de 20 % des généralistes, faute de pouvoir contacter facilement l’oncologue référent, choisissent d’adresser aux urgences un patient immunodéprimé déclarant une fièvre élevée pendant le week-end », et ce « en dépit des recommandations ».

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