Baisse de la concentration en spermatozoïdes

Le 26 juillet 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

Le nombre moyen de spermatozoïdes des hommes dans les pays occidentaux a chuté de moitié en quarante ans, selon une étude qui s’inquiète des conséquences pour la fertilité masculine, même si plusieurs spécialistes appellent à interpréter ces résultats avec prudence.

Entre 1973 et 2011, la concentration en spermatozoïdes est passée en moyenne de 99 millions par millilitre de sperme à 47 millions, selon cette étude, publiée mardi dans la revue spécialisée Human Reproduction UpdateCe niveau reste toutefois une fourchette « normale », fixée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) entre 15 millions et 200 millions de spermatozoïdes par millilitre. Et même une concentration inférieure à 15 millions n’est pas forcément synonyme d’infertilité.

Les pesticides, le stress et le tabac en cause

Cette méta-analyse a passé en revue 185 études menées sur le sujet entre 1973 et 2011, portant sur 43.000 hommes en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Les chercheurs n’ont en revanche pas trouvé de baisse significative en
Amérique du Sud, en Asie et en Afrique – des régions où beaucoup moins d’études ont été menées. Hormis son impact sur la fertilité, une quantité réduite de spermatozoïdes est aussi corrélée à d’autres problèmes de santé, qui pourraient être causés par des facteurs environnementaux comme l’exposition aux pesticides, le stress, le tabac ou encore un régime alimentaire déséquilibré.

La qualité du sperme en baisse

Plusieurs études depuis 1992 ont conclu à une baisse de la qualité du sperme. Mais elles ont beaucoup été critiquées, parce qu’elles portaient sur peu de personnes, qu’elles comparaient des analyses menées avec des techniques de laboratoire différentes, ou encore parce que les participants avaient été recrutés dans des services de médecine reproductive et n’étaient donc pas représentatifs de l’ensemble de la population. Mais cette étude, dirigée par le Dr Hagai Levine, spécialiste de santé environnementale à Jérusalem, évite ces écueils, reconnaissent plusieurs commentateurs : elle a écarté les études dont les participants avaient été sélectionnés en raison de leurs problèmes de fertilité et n’a retenu que celles utilisant la technique de l’hémocytomètre, plus précise que les autres.

Reste que ce travail compare des analyses effectuées dans des pays et des laboratoires différents, souligne le Dr Martin Blomberg-Jensen, du Rigshospitalet (Danemark). La meilleure méthode pour confirmer une baisse du nombre de spermatozoïdes serait de suivre à long terme une cohorte d’hommes en bonne santé. Or une telle étude menée au Danemark entre 1996 et 2010 n’a pas abouti à ces conclusions, ajoute l’expert en fertilité masculine. « Cette article représente une avancée pour clarifier les données » disponibles, mais « il reste beaucoup de travail » pour confirmer le phénomène et en déterminer les causes, avertit pour sa part Allan Pacey, professeur d’andrologie à l’université de Sheffield (Royaume-Uni).

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