Audition : l’avis d’un ORL

Le 11 mars 2015 - Par Vanessa Bernard

Questions au Docteur Pierre Rubinstein, ORL, Paris (75)

Quelles sont les expositions au bruit qui peuvent être délétères pour nos oreilles et comment faire pour s’en prémunir ?

Le traumatisme sonore peut intervenir à n’importe quel moment du fait d’un bruit qui a «choqué» nos oreilles (une alarme, une explosion, une pétarade…) et qui va créer chez le sujet une douleur auditive qui doit l’alerter. A côté de cela, il y a les expositions que l’on dit chroniques auxquelles sont confrontées les personnes évoluant dans un milieu bruyant. Pour ces dernières des solutions de prévention existent, comme les bouchons d’oreilles ou les casques réducteurs de bruit ; je leur conseillerais aussi de faire des pauses, régulièrement. La durée d’exposition et l’intensité du son restent, en effet, les deux critères dont il faut tenir compte pour préserver nos oreilles. Se doter d’un sonomètre pour évaluer soi-même le risque peut aussi représenter une solution. Si la sensibilité au bruit varie en fonction des personnes, on peut considérer, quand même, qu’au-delà de 90 décibels, il faut être vigilant.

Vous évoquiez le traumatisme sonore. Quelle attitude doit adopter une personne qui en est victime ?

Il faut agir très vite, dans les 6 à 8 heures qui suivent le traumatisme sonore aigu (TSA) dont vous pouvez garder des séquelles auditives permanentes. Il faut savoir aussi que dans ce cas précis, le parcours de soin permet au patient d’aller directement consulter un ORL pour réaliser un audiogramme, sans avoir besoin de passer par son généraliste. En prescrivant des corticoïdes, le spécialiste va pouvoir limiter les symptômes (hypoacousie, hyperacousie, acouphènes…). Un nouvel audiogramme sera à prévoir, 15 jours plus tard, pour un bilan précis et l’adaptation du traitement.