La maladie de Lapeyronie ou le syndrome du « zizi » tordu

Le 4 janvier 2017 - Par La rédaction

Connaissez-vous la maladie de Lapeyronie ? Il s’agit en fait d’une pathologie de la verge s’exprimant par une perte d’élasticité des corps caverneux, et se caractérisant par une courbure de la verge en érection. On vous en dit plus.

C’est à François Gigot de Lapeyronie (chirurgien de Louis XV) que l’on doit la découverte de cette maladie et sa description scientifique en 1743. Selon l’Afu (Association française d’urologie), 3 à 9 % des hommes seront touchés un jour ou l’autre par une maladie de Lapeyronie. Pour autant, certaines formes sont tellement minimes que les patients ne s’en aperçoivent même pas. Si son origine reste assez mal connue, on distingue les pathologies de naissance (la malformation congénitale) et celles acquises : la maladie de Lapeyronie fait partie de celles-ci.

Maladie de Lapeyronie et conséquences

Pouvant faire rire au premier abord, le syndrome peut néanmoins causer de réels problèmes médico-psychologiques aux hommes qui en souffrent. En fonction de la gravité de la courbure du pénis, ces derniers vont être confrontés à des difficultés pendant les rapports sexuels, à des problèmes de dysfonction érectile, à des douleurs lors de rapports intimes (on parlera alors de dyspareunie). En outre, le problème est souvent générateur de stress et d’anxiété, d’une baisse de l’estime de soi ; il peut aussi occasionner des problèmes dans le couple, et parfois même une dépression.

Une courbure du pénis acquise

Si la pathologie est peu connue et plutôt tabou, elle se diagnostique par une simple palpation de la verge. Certains éléments pourront mettre le médecin sur la voie : l’âge du patient, la présence ou non de nodules sur le pénis, le moment d’apparition de la courbure du pénis. Celle-ci intervient généralement vers l’âge de 50 ans, mais pourra aussi toucher des hommes bien plus jeunes : l’âge n’est donc pas un critère suffisant pour un bon diagnostic.

Courbure du pénis : quel spécialiste ?maladie de Lapeyronie

Alors, en cas de changement observé sur le pénis, il est important de s’en remettre à son médecin : un spécialiste en urologie sera l’interlocuteur idéal. Ce dernier examinera le pénis du patient, puis pourra demander une échographie. Il pourra aussi lui être conseillé de prendre une photo de sa verge en érection afin de la montrer à son urologue.

Comment traiter la maladie de Lapeyronie ?

Il existe différents types de prise en charge de la maladie, généralement arbitrées en fonction du stade auquel elle est diagnostiquée : les traitements oraux, les traitements locaux (comme les injections de corticoïdes), des traitements par traction de la verge grâce au port d’un extenseur pénien. D’autres moyens peuvent aussi être mis en oeuvre comme l’iontophorèse, consistant à faire passer, au moyen d’un courant électrique à bas ampérage, des substances qui vont diffuser dans la zone fibreuse ou encore les ultrasons. Quant à l’efficacité de ces traitements, elle reste « modeste » selon l’Afu qui conseille plutôt une stratégie additive, consistant « à associer plusieurs traitements simultanément ». Parfois aussi, la chirurgie pourra s’imposer.

Mais l’annonce de l’arrivée du Xiapex pourrait bien changer la donne… En effet, sorti aux Etats-Unis dès décembre 2013, le Xiapex (par injection) a déjà fait ses preuves en améliorant les symptômes des 2/3 des patients et en permettant une réduction de courbure de l’ordre de 15 à 20 degrés. Pour une partie des patients, le Xiapex permet aussi d’éviter le recours à la chirurgie ou de la rendre plus simple. Un problème cependant, le coût de cette prise en charge (entre 1 500 et 6 000 € selon le nombre d’injections nécessaires) non remboursée  (encore ?) par la Sécurité sociale…

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