Greffe de main : des espoirs et des attentes encore

Le 10 février 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

Jean-Michel Schryve est le 7e patient à avoir reçu une double greffe de main à Lyon depuis 2000 dans le cadre d’un programme de recherches cliniques qui est désormais dans l’attente de nouvelles autorisations. Opéré en novembre, le patient reprend espoir.

C’est « miraculeux de retrouver ses mains » s’est ainsi exprimé ce père de famille de 51 ans, amputé des quatre membres depuis 2010 en raison d’une nécrose liée à un pneumocoque. Grâce à une greffe composite (vaisseaux et tissus divers) réalisée dans le cadre d’un programme hospitalier de recherche clinique (PHRC), Jean-Michel Schryve a aujourd’hui retrouvé le sourire.

Déjà 9 greffes de mains de mains en France…

Le programme hospitalier de recherche clinique dans le cadre duquel le patient a pu être opéré remonte à l’année 2000. Jusqu’en 2009, il permet de greffer cinq patients, puis est prolongé jusqu’en 2011 permettant alors à deux nouvelles personnes d’intégrer le protocole. M. Schryve est le dernier greffé (avec donneur). En France depuis 1998, huit patients ont subi la même chirurgie à Lyon et un à Créteil. Pour le moment, Jean-Michel Schryve qui a attendu 3 ans son greffon souffre d’une infection post-opératoire et n’a « pas encore retrouvé le toucher ».

… et bientôt plus ?

Médecins lyonnais et parisiens attendent désormais le feu vert pour un protocole de recherche médico-économique (PRME), visant à « évaluer si économiquement et médicalement, on a un avantage à faire une transplantation de bras par rapport à l’utilisation de prothèses », explique le Pr Lionel Badet, responsable de l’activité chirurgicale de transplantation à Lyon. Un avis de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) qui devrait tomber mi-mars devrait statuer sur le sujet. Une trentaine de personnes, dont 25 avec prothèse, sont concernées. »

Des greffes exceptionnelles

Les nombreux autres patients en attente d’une greffe pourraient bénéficier d’un amendement à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017, permettant aux Agences régionales de santé, après avis d’un comité national, d’autoriser des greffes exceptionnelles. Mais le décret d’application n’a pas encore été voté. « Les prothèses ont l’avantage de ne pas avoir de traitements immunosuppresseurs au long court, pas de problème de rejet, pas de complications, mais elles sont encore assez lourdes (…) et ne donnent pas encore la sensibilité des doigts », a souligné pour sa part le Pr Emmanuel Morelon, chef du service lyonnais.

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