Carence en fer : causes, symptômes et traitements

Le 6 février 2018 - Par Vanessa Bernard

La carence en fer est la plus fréquente des carences nutritionnelles en France. Or, en participant au transport de l’oxygène dans le sang grâce à son action dans la formation de l’hémoglobine, le fer est indispensable à l’équilibre de l’organisme. 

La carence en fer est assez fréquente et elle est la cause principale (à 80%) de l’anémie. En cas de carence en fer, le corps réduit en effet sa production d’hémoglobine. Selon les estimations, 5 à 10% de la population européenne est concernée. La maladie atteint en particulier les enfants et les femmes en âge de procréer (20 à 30%). Pendant la grossesse, là encore, les femmes sont particulièrement touchées : 50 % d’entre elles présenteraient une anémie ferriprive après leur 25e semaine d’aménorrhée. Quant au sujet, la future maman mérite donc une attention toute particulière, la grossesse entraînant une augmentation des besoins en fer, liée à l’élévation de la masse sanguine, à la croissance fœtale et au développement placentaire.

La carence en fer est aussi associée à une augmentation de la prématurité, un petit poids de naissance, et plus grave encore, une augmentation de la mortalité périnatale et de la morbidité maternelle, dans les situations les plus graves, bien sûr.

La carence en fer chez les enfants

Autre population plus particulièrement touchée par la carence en fer, les enfants qui sont 20 à 30 % à être concernés au cours des trois premières années de leur vie, en particulier dans certaines populations à risque (parents d’origine non métropolitaine, antécédents de prématurité et/ou de retard de croissance intra-utérin et/ou de gémellité, mère multipare – ayant accouché plusieurs fois -, intervalle entre les deux dernières grossesses inférieur à deux ans). L’adolescent, également, n’est pas épargné, et en particulier les jeunes filles : la croissance importante et les pertes menstruelles expliquent que leurs besoins en fer sont élevés. Les 15-19 ans ont ainsi été identifiées comme un groupe à risque d’insuffisance d’apport en fer. 

La future maman mérite donc une attention toute particulière, la grossesse entraînant une augmentation des besoins en fer, liée à l’élévation de la masse sanguine, à la croissance fœtale et au développement placentaire

Quel rôle joue le fer ?

Le fer est impliqué dans le stockage d’oxygène et la formation du sang et responsable de nombreux processus biochimiques, tels que la croissance, la différenciation cellulaire et autres processus métaboliques. Le corps humain ne peut pas produire de fer. Ses apports proviennent donc de l’alimentation et de ses oligo-éléments essentiels.

Le corps contient en moyenne 3 à 5 g de fer, principalement sous la forme d’hémoglobine et de myoglobine, ainsi que de dépôt de fer (ferritine). On perd quotidiennement 1 à 2 mg de fer ; les apports journaliers recommandés sont 10 fois plus élevés, soit 10 à 20 mg pour un adulte, car en réalité, le corps humain n’absorbe que 10 % de la quantité de fer contenue dans les aliments.

Quelles sont les causes d’une carence en fer?

La première cause est un apport insuffisant : régime végétarien, régime amaigrissant, malnutrition ou mauvaise alimentation peuvent en être la cause. Il est aussi possible de consommer du fer en quantité suffisante mais de mal l’absorber. Certaines maladies gastriques, des diarrhées chroniques ou des maladies de la muqueuse intestinale sont des exemples de pathologies réduisant l’absorption de fer. De même, certaines substances empêchent l’assimilation du fer, comme le thé, par exemple, à éviter en cas d’anémie ferriprive. 

La première cause est un apport insuffisant : régime végétarien, régime amaigrissant, malnutrition ou mauvaise alimentation peuvent en être la cause. Il est aussi possible de consommer du fer en quantité suffisante mais de mal l’absorber

Le manque de fer peut être aussi dû à une perte plus importante de ce dernier, principalement lors de pertes de sang abondantes : période menstruelle, opération, blessures graves ou encore certaines maladies hémorragiques. Enfin, on peut présenter une carence en fer lors d’évènements où ses besoins sont accrus : gros effort sportif type marathon, croissance, grossesse et allaitement.

Quels en sont les symptômes?

En fonction de la gravité, 3 étapes peuvent être distinguées : lors du stade I, le manque de fer se situe au niveau de son stockage mais les globules rouges sont encore produits dans la moelle osseuse. Au stade II, on observe une anémie naissante et au stade III, la carence devient sévère et les valeurs standards sont nettement en dessous des taux recommandés. A ce stade les symptômes sont prégnants : des maux de tête, de la léthargie, de l’insomnie, une fatigue chronique ou encore une perte des cheveux et des ongles cassants

A ce stade les symptômes sont prégnants : des maux de tête, de la léthargie, de l’insomnie, une fatigue chronique ou encore une perte des cheveux et des ongles cassants.

Mais il faut savoir que dans 80% des cas, la fatigue est le premier des symptômes. Le réflexe est donc d’aller voir son médecin pour subir un bilan. D’autres manifestations peuvent nous alerter : la pâleur, les paumes rouges, un glossite (inflammation de la langue)

Comment traiter le carence en fer ?

Pour établir le diagnostic, l’indicateur est le dosage de la ferritine qui permet d’évaluer notre stock en fer : si elle est basse, la carence est avérée. Un traitement à base de fer peut alors être prescrit : il existe le fer oral ou injectable. Dans certaines pathologies, quand le fer oral est mal absorbé (en particulier en situation inflammatoire), la voie intraveineuse est une alternative pour un effet qui dure plusieurs mois. Les injections se font alors à l’hôpital pour assurer une bonne administration et la surveillance du patient. Il est aussi important d’avoir une alimentation équilibrée. On dit souvent que les épinards sont riches en fer ce qui est une idée reçue. La viande, en revanche, en est une bonne source.

On dit souvent que les épinards sont riches en fer ce qui est une idée reçue. La viande, en revanche, en est une bonne source

Comment la prévenir  ?

Pour prévenir le phénomène, il faut donc d’une part augmenter sa consommation en aliments riches en fer mais aussi en aliments facilitant son absorption. Parmi les aliments conseillés pour cela, on peut citer en tête du classement la viande (rouge surtout), certes, mais aussi le foie, les légumineuses ou les céréales à base de grains entiers. Pour les aliments qui facilitent son absorption, on conseille tous les aliments riches en vitamine C. A contrario il faut éviter les phytates (substances à base de plantes qui lient le fer et empêche son absorption) notamment dans le son, le blé, le thé noir, on l’a vu, et les haricots blancs.

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