Le cancer du col de l’utérus évitable dans 9 cas sur 10 grâce au frottis

Le 22 janvier 2017 - Par Vanessa Bernard

Ce lundi, démarre la semaine européenne de prévention et de dépistage du cancer du col de l’utérus. L’occasion de rappeler l’importance du frottis qui permet d’éviter la maladie dans 9 cas sur 10.

A l’occasion de cette semaine européenne, l’Institut national du cancer (INCa) appelle dans le cadre d’une nouvelle campagne d’information au dépistage par le frottis, rappelant que le cancer du col de l’utérus tue encore environ un millier de femmes par an en France. L’idée d’une telle initiative est d’aller vers la « généralisation du dépistage organisé » de ce cancer qui devrait intervenir l’an prochain. Autre objectif de l’opération,  mobiliser et toucher les quelque 40% de femmes âgées de 25 à 65 ans qui n’effectuent pas de frottis de dépistage à titre individuel tous les trois ans, comme le recommandent les autorités sanitaires.

Pourquoi faire un frottis ?

S’il est important de ce soumettre à cet examen, c’est que le frottis permet de repérer des lésions précancéreuses et de les traiter avant qu’elles ne se transforment en cancers. Encouragés depuis les années 1980, ils ont déjà conduit à une baisse importante du nombre de nouveaux cancers du col de l’utérus. Et Selon Frédéric Debels, responsable du département du dépistage à l’INCa, la généralisation du dépistage organisé, avec des relances périodiques envoyées aux femmes concernées, pourrait  permettre de réduire encore de 30% les nouveaux cas et les décès.

Un taux de dépistage insuffisant

Il relève, en outre, que près d’une femme sur 2 ne se fait plus régulièrement dépister après 50 ans parce qu’elle est en général moins bien suivie sur le plan gynécologique après la ménopause. de même, il apparaît que le taux de dépistage est également très insuffisant chez les femmes vivant dans des milieux défavorisés, en situation ou atteintes de maladies de longue durée, alors même qu’il « permet d’éviter 9 cancers sur 10 ».

Bientôt le dépistage organisé

Et avant de généraliser le dépistage organisé, 13 départements ont mis en place une expérimentation qui a donné des résultats « très encourageants », selon Nathalie Beltzer, de l’agence Santé publique France, co-auteur de l’évaluation publiée lundi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Celle-ci a notamment permis d’augmenter de 12 points le taux de dépistage des femmes âgées de 25 à 65 ans, même si des disparités subsistent selon les départements (avec des taux de couverture qui vont de 41,6% en Martinique à 72,5% en Alsace). Les responsables de Santé publique France et de l’INCa précisent qu’une « montée en charge progressive » du dépistage organisé aura lieu au cours de l’année 2017, avant « la généralisation du programme prévue en 2018 ».

Rappelons que les cancers du col de l’utérus sont principalement provoqués par des virus de la famille des papillomavirus humains (HPV), des virus qui se transmettent par voie sexuelle. Au-delà des frottis de dépistage, il existe également un vaccin anti-HPV qui permet d’éviter les lésions pré-cancéreuses. En France, ce vaccin est recommandé chez les jeunes-filles âgées de 11 à 14 ans, avant qu’elles n’entament une vie sexuelle.

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