Les probiotiques : qu’est-ce que c’est ?

Le 15 janvier 2018 - Par Vanessa Bernard

On parle d’eux tels des « bactéries-amies ». Et pour cause, les probiotiques sont là pour nous aider à combattre certains troubles infectieux.

Depuis quelques années maintenant, les probiotiques ont résolument le vent en poupe. Rien d’étonnant alors à ce qu’ils aient conquis le marché des compléments alimentaires. Un succès qui provient des multiples vertus conférées à ces bonnes bactéries qui nous aideraient aussi bien à prévenir certains épisodes infectieux comme les angines, les rhumes, qu’à lutter contre les allergies, la fatigue, les ballonnements, la constipation…

Probiotiques : une influence bénéfique sur l’homme ?

C’est au tournant du XXe siècle, qu’apparaît le terme probiotique. Et depuis,  lors, ces bactéries n’ont cessé d’intéresser les chercheurs. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un aliment dit probiotique « contient des micro-organismes vivants qui, ingérés en quantité suffisante, exercent des effets bénéfiques sur la santé de l’hôte » . Dès lors, les probiotiques s’imposent telles des bactéries partenaires de l’intestin, en exerçant une influence bénéfique sur la flore intestinale (on parle désormais de microbiote), le système immunitaire et le bien être en général. Comment ? En empêchant la colonisation des organismes pathogènes.

Dès lors, les probiotiques s’imposent telles des bactéries partenaires de l’intestin, en exerçant une influence bénéfique sur la flore intestinale 

Certains résultats cliniques ont ainsi montré que les probiotiques ont des effets bénéfiques en cas de diarrhées, d’intolérances alimentaires ou d’inflammations du tube digestif. Des travaux de recherche récents vont même plus loin arguant que les effets des probiotiques peuvent aussi être bénéfiques dans le traitement des infections respiratoires et la prévention des cancers.

Où trouve-t-on des « probiotiques » ?

Il faut savoir qu’il existe plusieurs types de probiotiques comme les ferments lactiques que l’on retrouve dans les yaourts, bifidobactéries, levures… Les plus connus sont d’ailleurs d’origine lactique. Quant à la prise de probiotiques, les doses nécessaires vont alors varier en fonction de la souche et du produit.

Mais alors de quelles souches parle-t-on plus particulièrement ? La majorité des souches de probiotiques appartient aux genres Lactobacillus, Bifidobacterium, Lactococcus ou encore Streptococcus. On les retrouve alors dans les aliments préparés par fermentation bactérienne (comme le yogourt, le kéfir, la choucroute, le miso, les cornichons ou encore dans certains type de fromages), mais aussi les médicaments et les suppléments alimentaires. Les espèces de Lactobacillus et Bifidobacterium sont les plus communément utilisées mais la levure Saccharomyces cerevisiae et quelques espèces de E. coli et de Bacillus sont également utilisées comme probiotiques.

Les probiotiques : oui, mais pour quoi ?

On reconnaît l’intérêt des probiotiques dans la prévention et le traitement de nombreux troubles et pathologies, et peut-être plus particulièrement encore  dans la prévention des inconforts digestifs. Des inconforts essentiellement imputés à la prise d’antibiotiques. De façon générale, les meilleures preuves cliniques en faveur des probiotiques concernent leur utilisation pour améliorer la « santé intestinale » et stimuler la fonction immunitaire. Certains travaux ont également montré les effets des probiotiques sur un grand nombre de troubles gastro-intestinaux et extra-intestinaux, y compris les maladies inflammatoires de l’intestin (IBD/MICI), le syndrome de l’intestin irritable (IBS), les infections vaginales et sur une stimulation du système immunitaire. D’autres ont montré un effet positif sur la survie des nouveau-nés prématurés.

Certains travaux ont également montré les effets des probiotiques sur un grand nombre de troubles gastro-intestinaux et extra-intestinaux

Antibiotique = probiotiques ?

On le sait, l’utilisation excessive d’antibiotiques représente un réel problème de santé publique. Or, il semblerait que les probiotiques permettent de contrebalancer les effets nocifs des antibiotiques sur notre organisme. Pour rappel, le mircobiote de l’homme (ou flore intestinale) est composé de près de 1000 milliards de cellules d’espèces microbiennes, des micro-organismes connus pour être une véritable barrière face aux agressions extérieures. Seulement voilà, il apparaît que les antibiotiques affectent justement le microbiote en détruisant les micro-organismes qui nous sont bénéfiques venant ainsi perturber la digestion et le bon fonctionnement de l’intestin. En stimulant localement la croissance et le renouvellement des micro-organismes qui composent le microbiote intestinal, les probiotiques contribuent ainsi au renforcement de la protection de l’organisme.

Peut-on faire confiance aux probiotiques ?

Toute la question est maintenant de savoir si l’on peut faire confiance aux probiotiques ? Jusque dans les années 1990, la recherche sur le sujet a été relativement négligée. Pour autant, plus de 20 ans de travaux sur le microbiote intestinal, et de nombreux essais après, ont permis de démontrer la capacité des probiotiques à corriger les dysbioses et à participer à l’entretien et au rétablissement du bien être digestif et immunitaire. Le principal avantage prêté aux probiotiques est aussi leur innocuité, généralement reconnue, bien que certaines études n’excluent pas complètement des effets secondaires.

Pour Philippe Marteau, professeur de gastro-entérologie Université Paris VII, et chef du Département médico-chirurgical du service d’hépato-gastro-entérologie de l’hôpital Lariboisière (Paris) s’il existe un grand nombre de probiotiques qui ont été commercialisés, beaucoup « n’ont réellement fait leurs preuves ni l’objet d’études : il faut donc prendre du recul sur les produits du marché. » Et d’ajouter : « Mais si vous en achetez un dans une pharmacie ou dans une parapharmacie et que vous en constatez l’efficacité, alors, c’est l’essentiel ! »

Le principal avantage prêté aux probiotiques est aussi leur innocuité, généralement reconnue, bien que certaines études n’excluent pas complètement des effets secondaires.

Les probiotiques oui mais…

Ainsi, les affirmations sur le bénéfice apporté par les probiotiques sont variées en fonction de l’usage prévu du produit. Pour autant, ils sont plus recommandés que le contraire mais attention : ne peut porter le nom de probiotique que celui qui a fait la preuve de son bénéfice chez l’homme. Ainsi, méfiance vis-à-vis des produits qui se disent de la catégorie des probiotiques sans sans avoir été définis ou contrôlés dans des études valables sur l’être humain.

Dans certains cas, en effet, il est une vraie différence entre ce qui a été prouvé efficace par la recherche et ce que le marketing affirme. La réglementation impose aussi de préciser le dosage et la durée de consommation nécessaires au bénéfice attendu. Or, il s’est avéré que certains produits ne respectaient pas le type et le nombre d’organismes vivants qu’ils étaient censés contenir ou encore qu’ils ne respectaient pas la quantité nécessaire pour obtenir un effet bénéfique sur la santé.

il est une vraie différence entre ce qui a été prouvé efficace par la recherche et ce que le marketing affirme

Probiotiques : aucune contre indication

Mais soyons rassurés toutefois car, en France, les allégations santé sont très réglementées. Ainsi on distingue deux types de probiotiques.  D’un côté, il y a ceux désignés en tant que « médicaments » (le plus connu étant L’ultralevure® – Saccharomyces Boulardii -), reconnus par les autorités de santé pour leurs vertus médicales et qui bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché. Et d’un autre, les probiotiques contenus dans les aliments et les compléments alimentaires qui ne font l’objet d’aucune allégation de santé validée. Sachons aussi, que pour être efficaces sous cette forme, il faut aussi que les bactéries vivantes qu’ils contiennent soient en nombre suffisant pour avoir un quelconque effet.

N’oublions pas non plus qu’il est des différence en fonction des genres, des groupes, des espèces ou encore des souches consommées. Pour autant, aucun risque d’interactions n’a été établi jusqu’alors. Dès lors, et si l’on tient compte aussi de l’absence d’effets secondaires démontrés, il n’est aucune contre-indication quant à la prise de probiotiques qui peuvent être administrés à tout âge, et même chez le jeune enfant.

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