Sang : une percée dans la recherche

Le 22 mai 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

Des chercheurs ont franchi une « étape importante » vers la production en laboratoire de cellules souches sanguines, qui pourrait conduire à des développements prometteurs pour traiter un patient avec ses propres cellules, ou pour produire du sang pour la transfusion.

L’étape franchie par ces travaux, publiés dans la revue scientifique Nature « ouvre la possibilité de prendre des cellules de patients atteints de troubles sanguins génétiques, d’utiliser l’édition de gènes pour corriger leur défaut génétique et de créer des cellules sanguines fonctionnelles », explique Ryohichi Sugimura, coauteur d’une des deux études menées sur le sujet. Si leur innocuité est prouvée, ces méthodes pourraient également déboucher sur « un approvisionnement illimité en sang » en utilisant des cellules de
donneurs universels, ajoute-t-il.  « Nous sommes très proches de générer d’authentiques cellules souches du sang humain » en laboratoire, assure de son côté le Dr George Daley, responsable d’un laboratoire de recherche à l’hôpital pour enfants de Boston.
« Ce travail est l’aboutissement de plus de 20 ans d’efforts », ajoute-t-il.

Des cellules humaines reprogrammées

Pour les besoins de leurs travaux, George Daley et ses collègues ont utilisé des cellules humaines de donneurs, reprogrammées pour en faire des cellules pluripotentes (iPS) capables d’engendrer n’importe quel type de cellules du corps. Ils ont poussé
ces iPS humaines à se convertir en cellules endothéliales, et ensuite incité ces dernières à devenir des cellules souches sanguines (HSC). Greffées dans la moelle osseuse de souris, ces cellules souches ont pu atteindre leur maturité. Les rongeurs ont pu ainsi produire des globules sanguins humains.

Nous sommes très proches de générer d’authentiques cellules souches du sang humain

Dans la seconde étude, Shahin Rafii et ses collègues ont directement utilisé des cellules endothéliales de souris adultes pour obtenir des cellules souches sanguines de souris qu’ils ont amené à maturité en laboratoire. Dans les deux études, les cellules souches sanguines transférées chez des rongeurs ont engendré les différents types de cellules du sang. Toutefois, il reste à vérifier sur la durée que les cellules souches sanguines obtenues, et les cocktail de produits employés, ne comportent pas de risque de cancers, notamment de leucémie. Les techniques d’édition de gènes (CRISPR) « plus propres » pourraient contribuer à éliminer ces risques.

Si d’autres études sont encore nécessaires avant de pouvoir en faire bénéficier les patients, reste que cette découverte est une « étape importante ». 

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