Richard, 55 ans (92) : « Je pratique l’automédication »

Le 7 janvier 2016 - Par Vanessa Bernard

Première étape du parcours de soins, avec le pharmacien, pour les pathologies bénignes, l’automédication consiste à se soigner grâce à des médicaments autorisés, accessibles sans ordonnance, sûrs et efficaces. Richard dit pratiquer « l’automédication responsable ». Il nous explique comment. 

Je suis particulièrement attentif à ma santé. Je n’ai pas d’antécédents médicaux et familiaux graves, je ne souffre d’aucune maladie chronique, pour autant, et comme tout le monde je présume, j’ai horreur d’être malade et ma profession, d’ailleurs ne me permet pas de m’arrêter ne serait-ce que quelques jours. Alors, au moindre nez qui commence à couler, je n’hésite pas à me rendre à la pharmacie pour y acheter des médicaments en vente libre.

Au moindre nez qui commence à couler, je n’hésite pas à me rendre à la pharmacie pour y acheter des médicaments en vente libre

Je suis Brand Manager pour une grande société américaine, de fait, je voyage énormément et peut passer d’un climat extrêmement doux à des températures très froides, d’une semaine à l’autre. De même, selon les pays où je suis amené à me rendre, je me pare à toute éventualité en achetant, par exemple, des médicaments contre les douleurs d’estomac, des anti-vomitifs, vous voyez, ce genre de choses…

Par conséquent, avant chaque départ à l’étranger, je fais le plein en demandant toujours conseil à mon pharmacien que je connais bien. Je ne déroge jamais à cette règle. Plus jeune, j’étais bien moins prévoyant mais au fil de mes expériences, parfois cocasses, j’ai appris à l’être. Allez demander un laxatif à un pharmacien chinois et vous comprendrez (rires).

Avant chaque départ à l’étranger, je fais le plein en demandant toujours conseil à mon pharmacien que je connais bien

J’ai toute confiance en mon pharmacien qui d’ailleurs sait exactement quels médicaments il m’a délivrés au comptoir. Si une semaine après une visite, je lui redemande une boîte qu’il m’a déjà vendue, il me fait la remarque !

Il est vrai que je vais rarement chez le médecin, par manque de temps, je dirai mais aussi parce que j’ai une certaine phobie de la « blouse blanche ». Bien sûr, en cas de symptômes persistants, je prends rendez-vous avec mon généraliste, mais j’avoue que c’est plutôt rare.

Allez demander un laxatif à un pharmacien chinois et vous comprendrez !

Si je suis tenté de faire mes propres diagnostics en allant sur Internet ? Comme tout le monde, ça m’est déjà arrivé. Quand vous êtes dans un hôtel à 10 000 kilomètres de chez vous et que vous ne vous sentez pas bien, vous avez envie de vous rassurer, alors vous allez sur le Web. Quelle erreur ! Sur les forums, on lit tout et n’importe quoi, c’est effrayant, tout juste bon à devenir hypocondriaque ! Alors, je m’en remets à ceux qui savent vraiment !

L’avis du Dr. Georges Cohen
Médecin généraliste – Lyon

Il est plusieurs sortes de patients. Vous avez, par exemple, ceux ne vont jamais chez le médecin sauf s’ils ne peuvent pas faire autrement et ceux qui viennent consulter à la moindre montée de températures. Vous avez également ceux que j’appelle « les malades imaginaires ». Et, il y a aussi ceux qui se diagnostiquent eux-mêmes « grâce » à des recherches Internet… Et, là, attention aux absurdités que j’entends parfois. Il n’est pas rare que des patients viennent me voir et me déballent l’ensemble de leurs symptômes et la maladie, précisément, qui y est liée. Certains vont même jusqu’à me dire quels médicaments leur prescrire pour les soigner ! Le risque, bien sûr, c’est de substituer à un professionnel de santé, même pour l’automédication. Il est vraiment important de s’en remettre à son pharmacien, de lui demander conseil. Cette pratique est intéressante quand elle est responsable. Il est bien des pathologie bénignes qui, en effet, ne nécessitent pas une visite chez un médecin qui risque simplement de vous prescrire du paracétamol. Alors, vous me direz, comment arbitrer ? C’est bien là l’intérêt du professionnel de santé, du pharmacien en l’occurrence : vous guider ! Quoi qu’il en soit l’automédication ne doit se pratiquer que sur une courte durée et conformément aux notices d’utilisation des médicaments. Si malgré tout, les symptômes persistent, il ne faut évidemment pas hésiter à aller consulter son généraliste !

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