Procréation : l’importance de l’acide folique confirmée

Le 11 janvier 2017 - Par Vanessa Bernard

Des experts de l’US Preventive Services Task Force (USPSTF) rappellent l’importance de la prise d’un supplément en vitamine B9 (acide folique) pour les femmes en âge de procréer.

La prise quotidienne d’acide folique, en effet, est fortement recommandée aux femmes prévoyant une grossesse. Pourquoi : parce qu’un supplément en vitamine B9 permet  d’éviter de graves malformations du foetus, en prévenant notamment les anomalies de fermeture du tube neural, à partir duquel se développe le cerveau et la moelle épinière. Des anomalies qui peuvent survenir entre entre les 20e et 28e jour de grossesse.

L’acide folique pour protéger le tube neural

Une carence en vitamine B9 peut, en effet, empêcher le tube neural de se refermer correctement, et entraîner alors de graves malformations cérébrales. La prise quotidienne d’un complément de vitamine B9 au moins un mois avant la conception et jusqu’à deux ou trois mois de grossesse est ainsi préconisé par les experts américains afin d’éviter ces malformations. Or, la plupart des femmes manquent d’acide folique dans leur alimentation.

Des recommandations trop mal suivies

Les statistiques dont disposent les spécialistes montrent que sur la période 2003-2006, jusqu’à 75% des Américaines de 15 à 44 ans qui ne sont pas enceintes n’absorbent pas la quantité de vitamine B9 recommandée pour prévenir des défauts du tube neural. Et pourtant, depuis 1998, la Food and Drug Administration (FDA) impose à l’industrie agroalimentaire l’enrichissement en acide folique des farines et autres aliments céréaliers.

En France, le problème est le même puisque, selon l’Inpes, près de trois quarts des femmes en âge de procréer ont des apports alimentaires en folates inférieurs à 100 % des apports nutritionnels conseillés. Dans l’Hexagone, c’est le PNNS lancé par les pouvoirs publics dès 2001 qui a pour objectif l’amélioration du statut en folates des femmes en âge de procréer, notamment en cas de désir de grossesse.

Dans un rapport publié hier dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), l’USPSTF recommande ainsi un complément 0,4 à 0,8 mg d’acide folique par jour.

Défauts du tube neural : chiffres et recommandations

Aux Etats-Unis, environ 2 700 grossesses sont affectées chaque année par des défauts du tube neural, entraînant la naissance de 1 200 enfants souffrant d’une anencéphalie (absence partielle ou totale du crâne et du cerveau) et 1 400 d’une spina bifida (malformation de la colonne vertébrale et de la moelle épinière), selon le Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies (CDC).

En France, selon l’Inpes, l’incidence moyenne des anomalies de fermeture du tube neural (AFTN) est d’environ 1 grossesse sur 1 000 et 7 % des femmes en âge de procréer présentent un risque de déficit en folates (folates plasmatiques < 3 ng/ml). Les chiffres montrent, en outre, que très nombreuses sont encore les femmes à avoir eu un enfant sans avoir reçu d’acide folique. Le Dr. Marc Cohen, gynécologue, spécialiste de l’infertilité explique et conclut : « Près de la moitié des femmes enceintes reçoivent moins de 250 µg par jour d’acide folique, contre les 400 µg recommandés… Cela démontre encore une fois l’importance de la complémentation en folates.»

Source : AFP

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