Le premier bébé d’une FIV à « trois parents » est né !

Le 19 janvier 2017 - Par Vanessa Bernard

La technique est dite de « transfert pronucléaire », et c’est la toute première fois qu’elle est pratiquée dans le monde. Ainsi est né le premier bébé conçu par fécondation in vitro (FIV) avec l’ADN de trois parents, en Ukraine.

Le petit garçon est né le 5 janvier dernier, et il est en bonne santé, précise la clinique d’assistance à la procréation Nadiya, à Kiev dans laquelle la maman de 34 ans a accouché. Une maman qui 15 ans durant avait tenté d’avoir un enfant… en vain ; toutes ses tentatives de fécondation in vitro (FIV) s’étaient aussi avérées infructueuses. Le bébé né à Kiev est considéré comme le deuxième à « trois parents » après la naissance d’un premier enfant au Mexique en 2016, conçu selon une technique différente.

La méthode du transfert pronucléaire

Ici, en effet, c’est la méthode du transfert pronucléaire (PNT) qui a permis la naissance de ce bébé conçu grâce aux ADN de trois personnes : ceux de sa mère et de son père, qui ne pouvaient avoir d’enfant, et celui d’une donneuse d’ovule. Exposée en juin dans une publication de la revue scientifique Nature, la technique consiste à prélever le noyau de l’ovule de la future mère susceptible de porter des mitochondries défaillantes et de le féconder avec du sperme du père, puis de le transférer dans l’ovule énucléé sain de la donneuse. On obtient alors un ovocyte fécondé issu d’un homme et de deux femmes, comportant les caractéristiques génétiques des deux parents mais également l’ADN mitochondrial de la donneuse. L’ovocyte fécondé est ensuite réimplanté dans l’utérus de la future mère, comme dans le cas d’une fécondation in vitro classique.

Eviter la transmission de maladies mitochondriales

Une méthode visant à éviter au maximum la transmission de maladies mitochondriales graves lors de la FIV. Des maladies transmises exclusivement par les femmes, pouvant causer des anomalies graves voire mortelles telles que la faiblesse musculaire, la cécité et l’insuffisance cardiaque. On estime qu’environ un enfant sur 5 000 nait avec ce type d’anomalies. C’est ainsi que depuis plusieurs années, les scientifiques ont développé différentes techniques de fécondation in vitro nécessitant trois parents pour un enfant : un père, le noyau de l’ovocyte de la mère et l’ovule énucléé d’une donneuse. Selon le docteur Zoukine, à l’origine de cette grande première, voit dans cette nouvelle technique l’espoir « d’aider des femmes dont l’embryon cessait de se développer à différents stades après une FIV. »

Selon le spécialiste, en effet, chaque année environ deux millions de femmes dans le monde tentent d’avoir un enfant par FIV, et environ 1% souffrent d’un arrêt du développement de l’embryon. Les experts restent cependant prudents sur le recours à cette méthode dans les cas d’infertilité, soulignant qu’elle ne doit être utilisée que pour les cas à fort risque de transmission d’une anomalie génétique.

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