Vaccination : êtes-vous à jour ?

Le 28 février 2015 - Par Gaële Bengui

Ces dernières semaines, la grippe saisonnière a durement frappé un grand nombre d’entre nous. On le sait, la maladie est dangereuse et même meutrière pour les publics vulnérables comme les personnes âgées. Aussi, la vaccination leur est-elle fortement recommandée… Et justement, niveau vaccins, savez-vous où vous en êtes ? Il semblerait que les Français se préoccupent peu du sujet. Peut-être est-il temps d’en parler avec son médecin traitant ?

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 « Si mes vaccins sont jour ? Très bonne question, mais pour être tout à fait honnête, je suis bien incapable d’y répondre… », avoue Emilie, 31 ans. Si la jeune femme est très peu loquace sur le sujet c’est qu’elle ignore jusqu’à l’emplacement de son carnet de santé qui est peut-être chez elle, « dans des cartons », ou éventuellement, « chez sa mère ». Pour autant, Emilie n’est pas un cas isolé. A la même interrogation, nombreuses sont les personnes à rester muettes, exception faite des mamans concernant leurs jeunes enfants qui, la plupart du temps, suivent scrupuleusement les recommandations vaccinales. Alors pourquoi les adultes, quasiment, toutes générations confondues, se désintéressent totalement du sujet en ce qui les concerne ? « La population n’est pas suffisamment sensibilisée, il y a très peu de communication institutionnelle autour de la vaccination et une vraie frilosité des pouvoirs publics », répond le professeur Jean-Paul Stahl, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Grenoble. Mais il y a aussi une vraie réticence du grand public et sans doute un désengagement vis-à-vis de la question des médecins traitants qui n’évoquent jamais, ou presque le sujet avec leurs patients.

Et vous, parlez-vous vaccination avec votre médecin traitant ?

« La vaccination grippale est entrée dans les mœurs », continue Jacques Gaillat, médecin infectiologue auprès de l’hôpital d’Annecy. « Mais concernant le pneumocoque, par exemple, les choses sont bien différentes et les populations à risques ne sont pas alertées. En cause une mauvaise appréhension de la réalité de l’épidémiologie du pneumocoque, contrairement à celle de la grippe dont on sait quand elle va frapper ». Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En effet, selon les résultats de l’Enquête nationale de couverture vaccinale de janvier 2011 menée par l’InVS* auprès des 65 ans et plus, 4,8% des personnes déclaraient être vaccinées depuis moins de 5 ans et 5,8 % depuis 5 ans ou plus**. 74 % avouaient ne pas être vaccinés et 15 %, ne pas connaître leur statut vaccinal vis-à-vis de l’antipneumococcique. En revanche, les couvertures vaccinales contre la grippe étaient globalement de 61% chez les 65 ans et plus, avec ou sans pathologie sous-jacente. De bien meilleurs résultats mais encore très insuffisants quand on sait que pour une bonne couverture vaccinale, le taux de vaccination doit être de 95%… Une étude prospective menée dans deux services de médecine au CHU de Nice en 2008 a mis en exergue ce défaut de prévention et cité comme première raison à cela « une vaccination jamais proposée par le médecin ». Il est sans doute temps d’évoquer le sujet. N’oublions pas que la grippe saisonnière est la principale cause de mortalité infectieuse en France et que la pneumonie représente la sixième cause de mortalité dans le monde.

*Institut national de Veille Sanitaire

** Résultats pour les personnes de 65 ans ou plus atteintes d’une pathologie chronique sous-jacente : 8,1% étaient vaccinées par le vaccin antipneumococcique depuis moins de 5 ans et 8,3% depuis 5 ans ou plus.