Un gène de la satiété pourrait aider à lutter contre l’obésité

Le 13 février 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

On doit cette découverte à des chercheurs australiens et danois qui ont trouvé chez un ver un gène responsable de la sensation de satiété. De quoi donner un nouvel espoir pour lutter contre l’obésité.

Ce gène baptisé « ETS-5″ contrôle les signaux du cerveau aux intestins et déclenche la sensation de satiété ainsi que le besoin de dormir ou de faire de l’exercice après avoir mangé, expliquent les scientifiques à l’origine de cette nouvelle étude publiée dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS). Un gène qui existe aussi chez les humains et qui pourrait alors ouvrir la voie à la mise au point d’une molécule de contrôle du surpoids par la réduction de l’appétit et l’activation du désir de faire davantage d’exercice physique. C’est en tout cas l’avis qu’émet Roger Pocock, professeur adjoint à l’Université Monash en Australie.

Jusqu’à 80% de gènes comparables à ceux de l’homme chez le ver

Dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs ont donc constaté que lorsque les intestins du ver ont emmagasiné suffisamment de graisse, leur cerveau reçoit alors un message lui indiquant d’arrêter de bouger, déclenchant une phase de somnolence, ou au contraire de continuer à se mouvoir s’il n’est pas rassasié, explique le chercheur. Le ‘Caenorhabditis elegans’, un petit ver rond et transparent d’environ un millimètre, est très prisé des chercheurs pour la simplicité de son cerveau qui ne compte que 302 neurones et 8.000 synapses, les branchements entre ces cellules cérébrales. En comparaison, un être humain compte cent mille milliards de neurones et plus de 160.000 kilomètres de connexion cérébrales… Pour autant, en partageant jusqu’à 80% de gènes avec les humains dont environ la moitié sont connus pour être impliqués dans des maladies humaines, selon le professeur Pocock, ce ver constitue donc un très bon modèle de recherche pour mieux comprendre des processus biologiques comme le métabolisme ainsi que certaines maladies.

Un nouveau gène régulateur du métabolisme

C’est en analysant des neurones dans le cerveau de ces vers et en contrôlant leur réponse à l’apport de nourriture que les scientifiques ont pu découvrir le rôle du gène « ETS-5 ». Ils ont ainsi pu mettre à jour que comme chez les mammifères, un régime alimentaire riche suscite un réponse du cerveau différente de celle déclenchée par des aliments pauvres en nutriments. Chez les mammifères, en effet, la consommation d’aliments riches en graisses et en sucres stimulent l’appétit, ce qui peut conduire à l’obésité.

« Il s’agit de la première découverte d’un gène régulateur du métabolisme, ouvrant la voie à un médicament capable d’agir sur le contrôle de l’intestin par le cerveau et le sentiment de satiété », conclut le professeur Pocock.

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