Troubles de l’érection : on en parle ?

Le 31 janvier 2018 - Par Gaële Bengui

Si le phénomène est fréquent, le sujet n’en demeure pas moins encore tabou. Saviez-vous que près d’un homme sur trois présente des troubles de l’érection après 40 ans ? 

Une sexualité épanouie allant de paire avec une vie équilibrée, il ne fait aucun doute que face à la dysfonction érectile, il faut savoir faire face. Stress, tension, fatigue, tabac, alcool aussi… certaines pannes vont être occasionnelles du fait d’un environnement social insatisfaisant ou d’excès. Mais dès lors que les troubles sont répétitifs ou continus et s’étalent dans le temps (pendant plusieurs mois), il faut aller plus loin, et peut-être même consulter !

D’autant que, l’homme n’est pas le seul concerné. La dysfonction érectile est également perturbante pour les partenaires mais aussi pour le couple dans son intimité, évidemment, et dans son quotidien, par extension. En en parlant et en se soignant, les hommes retrouvent confiance et s’évitent aussi bien des contrariétés et autres mauvaises interprétations pouvant être toxiques pour le couple… D’abord phénomène organique, la dysfonction érectile peut conduire à des troubles psychiques. C’est alors la double peine.

Ne pas confondre « panne » et véritable dysfonction

Sauf cas particuliers, la dysfonction érectile (DE) se diagnostique après 3 mois au moins de persistance de la défaillance. Un trouble qui se manifeste par l’impossibilité d’avoir ou de maintenir une érection suffisante pour un rapport sexuel satisfaisant (et attention, messieurs, quand il s’agit de ces dames, la satisfaction n’est pas toujours une question de performances ou même d’orgasme !). S’il est très difficile d’obtenir des chiffres sur le sujet, on sait néanmoins que ces troubles « concernent une grande partie de la population. » C’est ce que nous révèle Marie-Hélène Colson psychothérapeute et sexologue qui se veut quand même très rassurante : « Certains hommes, dès lors qu’ils vont subir une panne vont commencer à angoisser et se dire que peut-être, est-ce là le signe d’un trouble qui va devenir persistant. Or, les pannes sont fréquentes et ne signifient en aucun cas qu’il y a un problème ou qu’il est en train d’arriver… ».

Il faut continuer le jeu érotique avec sa/son partenaire, sans inquiétude inutile car il y a de très fortes chances que l’érection revienne

Conseil d’experte : « Continuer le jeu érotique avec sa/son partenaire, sans inquiétude inutile car il y a de très fortes chances que l’érection revienne. » Or, trop nombreux sont les hommes à focaliser et à fabriquer un problème de toute pièce alors qu’il n’y a vraiment pas lieu d’imaginer le pire ! « La plupart des pannes ne sont que des pannes : si on laisse aller les choses, qu’on ne les interrompt pas et que l’on continue à prendre du plaisir, cela devrait suffire à ne pas déclencher de troubles persistants. » 

La sexualité n’ayant pas d’âge, surtout, ne vous en privez pas !

Et c’est bien connu aussi, la sexualité n’a pas d’âge. Combien d’hommes, d’ailleurs, ont des enfants « sur le tard » ? Pourquoi donc se priver d’une vie intime satisfaisante avec tout ce qu’elle entraîne d’épanouissement personnel et de bonheur ? Si bien des hommes sont conscients désormais que les troubles érectiles ne sont pas une maladie honteuse, pour autant, ils sont encore très peu nombreux à oser consulter. Ainsi, confrontés au problème, ils sont seulement 23% à s’en remettre à un professionnel de santé. Et, c’est bien dommage car ces dysfonctionnements trouvent non seulement des oreilles attentives (médecins et pharmaciens) mais aussi des traitements pour permettre à une sexualité épanouie de reprendre ses droits.

Les hommes sont encore très peu nombreux à oser consulter

Alors, messieurs, il est sans doute temps de lever ce tabou ! Un simple sondage auprès de votre entourage vous permettra de réaliser que NON, vous n’êtes pas un être étrange et à part, vous êtes finalement comme la plupart de vos congénères. Comme quoi, il est salutaire parfois de savoir se fondre dans la masse ! Et pas d’inquiétude pour votre partenaire :

 

Hypertrophie bénigne de la prostate : késako ?

Avec l’âge, l’hypertrophie bénigne de la prostate (également appelée HBP) est aussi un phénomène relativement fréquent. Ainsi, après 50 ans, plus d’un homme sur deux souffrirait de troubles urinaires liés à ce dysfonctionnement. Se caractérisant par une augmentation de la taille de la prostate, ce trouble entraîne une compression de l’urètre tout en faisant pression sur la vessie créant ainsi un besoin fréquent d’uriner et divers problèmes de miction (douleurs, débit faible ou intermittent). Mais une HBP peut aussi avoir des conséquences sur la qualité de l’intimité dans le couple. Aussi, tout comme pour les troubles érectiles, le sujet mérite d’être abordé d’autant que là encore, des solutions existent. Avec à la clé, une sexualité épanouie retrouvée !