Rougeole : elle court encore !

Le 22 juin 2015 - Par Vanessa Bernard

En cette troisième semaine de juin, 200 cas de rougeole se sont déclarés sur le territoire depuis le début de l’année. Parmi eux, 9 cas ont nécessité une hospitalisation. De quoi nous alerter sur la dangerosité de la maladie !

La rougeole continue continue donc à circuler en France. Pouvant être grave, notamment auprès des jeunes adultes, cette maladie infectieuse figure parmi les plus contagieuses ; pire, elle est même l’une des plus grandes causes de morbidité et mortalité dans le monde. Depuis 2008, la France connaît une flambée épidémique avec déjà plus de 23 500 cas déclarés ayant entrainé 1 500 cas de pneumopathie grave, 34 formes neurologiques compliquées avec séquelles graves et 10 décès. On se rend compte qu’en dépit des actions conjointes des autorités de santé et des professionnels de santé pour sensibiliser au risque de résurgence de la rougeole, le virus continue de se diffuser progressivement. Si le nombre de cas a diminué depuis 2013, il reste toutefois un réservoir de sujets suffisant pour maintenir la transmission du virus, avec en particulier près de 10% de la population des jeunes adultes non vaccinés et par conséquent, réceptifs à la rougeole. Rappelons que cette maladie se transmet surtout par voie aérienne, par exemple lorsqu’on tousse ou que l’on éternue, et plus rarement par des objets contaminés.

La vaccination à deux doses, unique moyen de lutter contre la rougeole

Il n’existe pas de traitement spécifique de la rougeole mais uniquement des traitements symptomatiques (fièvre, écoulement nasal…). D’où l’importance de la vaccination, seule mesure de prévention efficace. Aussi, afin d’interrompre les vagues épidémiques périodiques, il est primordial que la couverture vaccinale du nourrisson atteigne le niveau requis de 95 % mais aussi que les enfants plus âgés et les jeunes adultes (nés depuis 1980) aient reçu deux doses de vaccins, au besoin par un rattrapage. L’objectif d’augmentation de la couverture vaccinale vise non seulement à protéger directement les sujets vaccinés, mais également à protéger de la contamination les sujets vulnérables (comme les nourrissons de moins d’un an, les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées) à risque de formes graves, à travers une immunité de groupe. Pour rappel, au cours de l’épidémie de 2008-2011, parmi les 10 personnes décédées, 7 étaient des personnes vulnérables, âgées de 10 à 30 ans, dont les décès auraient pu être évités si elles avaient été protégées de la maladie par un entourage immunisé. Une protection d’autant plus importante que la vaccination par le vaccin trivalent rougeole-rubéole-oreillons est contre indiquée chez les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.Si la couverture des enfants s’est bien améliorée au cours de ces dernières années, il persiste toutefois des zones où elle demeure encore trop basse. La priorité est donc de renforcer la couverture vaccinale infantile dans les zones déficitaires et de réussir à convaincre les jeunes adultes de se faire vacciner, sans quoi il sera très difficile d’atteindre les objectifs fixés par le plan national d’élimination de la rougeole et de la rubéole. L’élimination de la rougeole demeure aujourd’hui un enjeu de santé publique majeur. Malgré la mise en place de mesures de contrôle, le risque de diffusion secondaire dans la population générale en France est loin d’être négligeable. Administrée dans les 72 heures qui suivent un contact, la vaccination peut éviter la survenue de la maladie.