Rhumatismes : causes, symptômes, traitements

Le 30 janvier 2018 - Par Vanessa Bernard

Plus de 12 millions de Français souffrent de rhumatismes ! C’est dire si ce mal est commun. Oui, mais alors, doit-on s’inquiéter ? Explications.

Au quotidien, ces douleurs articulaires sont gênantes à, parfois, très douloureuses. Dès lors qu’elles se manifestent, elles peuvent ainsi avoir des répercussions sur les gestes de tous les jours mais aussi nous empêcher de dormir la nuit venue… A tort considéré comme une maladie de « vieux », les rhumatismes concernent en réalité tous les âges ! Selon un sondage Ifop « Les Français et les rhumatismes » mené pour l’Inserm et « Ensemble contre les Rhumatismes », un tiers des 18-24 ans souffrent actuellement d’une douleur articulaire. D’ailleurs même les plus jeunes peuvent être concernés : ainsi, en France, 4 000 enfants souffrent darthrite juvénile idiopathique, une forme « grave » d’arthrite juvénile.

Différents types de rhumatismes

Bien sûr, toutes les douleurs ne se valent pas et il faut savoir distinguer le mal dû à une mauvaise position, au statisme ou encore à un faux mouvement de celui dû à un rhumatisme. « Il y a les rhumatismes inflammatoires qui se définissent par une inflammation dans l’articulation et peuvent toucher l’ensemble de la population, des enfants aux personnes âgées », explique ainsi Daniel Wendling, Professeur de Rhumatologie au centre hospitalier de Besançon. Dans cette catégorie, on trouve notamment la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante.

Il y a aussi les rhumatismes dits dégénératifs qui se traduisent, eux, par l’usure des structures articulaires : on parle donc ici principalement de l’arthrose qui concerne plus particulièrement les 50 ans et plus.

Enfin, existent également des rhumatismes dont l’atteinte n’est pas purement articulaire, mais qui impliquent plutôt des douleurs « autour » de l’articulation impactant alors les muscles, les tendons etc… Si tout le monde peut être concerné, ces derniers se manifestent plus particulièrement dans le cadre de maladies osseuses comme l’ostéoporose (diminution de la quantité de masse osseuse) qui, elle, survient plutôt au-delà de 60 ans.

Rhumatismes : causes et traitements

Oui, mais alors comment expliquer l’apparition de rhumatismes ? « Il n’y a pas de cause unique, poursuit Daniel Wendling. Les rhumatismes inflammatoires, par exemple, peuvent être provoqués par un dérèglement du système immunitaire mais aussi être dus à des facteurs environnementaux comme le tabagisme, notamment impliqué dans les rhumatismes psoriasiques. Pour l’arthrose, l’on sait qu’il y a des éléments génétiques et des facteurs de sollicitation locale à prendre en considération comme des anomalies de l’architecture du cartilage ou encore une utilisation excessive des articulations. »

D’où l’intérêt de consulter car il faut prendre en charge l’affection assez tôt pour mettre en place des mesures qui limiteront le retentissement fonctionnel et la progression de la maladie

Quant aux traitements, là encore, tout va dépendre du type de rhumatismes qui nous font souffrir.  Quand les rhumatismes inflammatoires vont pouvoir se soigner et même guérir dans certains cas, l’arthrose, va être plus difficile à prendre en charge « car même s’il y a eu des progrès dans la connaissance des mécanismes de l’affection, n’a pas encore été trouvé de traitement s’étant vraiment avéré efficace. » S’il existe des solutions, leurs effets s’avèrent « modestes ». D’où l’intérêt de consulter car il faut prendre en charge l’affection assez tôt pour mettre en place des mesures qui limiteront le retentissement fonctionnel et la progression de la maladie. Actuellement, près de 10 millions de Français souffrent d’arthrose : c’est ainsi le rhumatisme le plus répandu.

Oui, mais alors quand consulter et pourquoi ?

Si vous constatez une gène pour réaliser certains mouvements qui dure dans le temps, si vous avez des douleurs qui vous réveillent en fin de nuit ou encore, si vous avez des difficultés a bouger les articulations le matin, le mieux est encore d’aller consulter un rhumatologue. Les maladies articulaires sont des maladies dont l’impact sur la qualité de vie, le sommeil, mais aussi la mortalité est majeur. C’est d’ailleurs même la cause principale d’arrêts maladie. Les rhumatismes sont aussi la première cause de douleurs chroniques. Ils ont un impact direct sur la mobilité et un impact indirect en augmentant le risque de maladies cardiovasculaires et de cancers du fait de la sédentarité qu’ils entraînent.

Les rhumatismes sont aussi la première cause de douleurs chroniques.

Ainsi le Professeur Wendling confirme : « Oui, les rhumatismes peuvent entraîner des séquelles lorsque la maladie articulaire a induit une dégradation et parfois une destruction de l’articulation. En outre, dans certains cas, des manifestations systémiques (c’est-à-dire en dehors des articulations) sont à craindre comme des atteintes inflammatoires de l’oeil ou des poumons par exemple. »

Rhumatismes : tous concernés !

Ce qui est sûr, c’est que les maladies rhumatologiques sont fréquentes, et qu’en l’absence de prise en charge adaptée, elles peuvent entraîner des séquelles et s’accompagner d’une diminution de l’espérance de vie. Sans parler des situations les plus graves, l’on peut quand même préciser que 65% des Français ont eu un retentissement d’une douleur articulaire sur leur sommeil, sans parler de leur impact sur les loisirs, la vie professionnelle, familiale, ou encore la vie de couple.

D’où l’importance de développer son « capital articulaire »

En l’absence de traitement, il est possible d’agir sur les rhumatismes via la prévention, en effet. Ici, l’idée est de développer son “Capital Articulaire” coûte que coûte tout au long de la vie, et en particulier dès l’enfance. En effet, une fois touché par une maladie rhumatismale, le patient peut être rapidement entraîné dans la spirale de la sédentarité dont on connaît les conséquences néfastes pour le cœur et les vaisseaux entre autres. Alors, comment préserver ce fameux capital ? Par une activité physique spécifique à adapter aux patients atteints d’une maladie ostéoarticulaire, une alimentation équilibrée afin d’éviter, d’une part le surpoids, facteur de risque majeur de rhumatismes, et d’autre part la carence en calcium et vitamine D qui augmente le risque d’ostéoporose et donc de fracture. L’arrêt du tabac ne peut-être évidemment que bénéfique ! On incitera aussi à une bonne hygiène buccodentaire, un facteur de risque démontré d’initiation et d’aggravation de la polyarthrite rhumatoïde. 

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