Pourquoi sommes-nous si peu « observants » ?

Le 9 mars 2015 - Par Jeanne Roy

Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le constat est clair « l’observance insuffisante est la raison principale pour laquelle les patients ne retirent pas tous les bienfaits qu’ils pourraient attendre de leurs médicaments. Elle entraîne des complications médicales et psychosociales, diminue la qualité de vie des patients, augmente la probabilité de développer des pharmacorésistances et provoque un gaspillage des ressources. »

L’observance est ainsi définie comme la capacité des patients à respecter les traitements prescrits par les médecins, en durée comme en fréquence de prise et en dosage.  Ainsi à ne pas suivre scrupuleusement les prescriptions médicales, mettons-nous en danger l’efficacité thérapeutique de nos médicaments. Phénomène d’ampleur, la mauvaise observance touche notamment les pathologies chroniques et nuit à la prise en charge optimale de centaines de millions de patients dans le monde.

Alors pourquoi sommes-nous tant à prendre à la légère nos médicaments ? Les causes sont multiples. Il semblerait, en premier lieu, que nombreux sont les malades à sous-estimer l’impact et la gravité de la pathologie dont ils sont atteints. Autre explication encore le déni, parfois même la révolte qui font que nous n’acceptons pas la situation. Et puis, il est des maladies qui n’empêchent pas, en dehors de phases de crise, de mener une vie normale ne facilitant ainsi pas l’adhésion thérapeutique.En cas d’interruption du traitement, pas de conséquence immédiate donc…

Pour autant, il serait peut-être temps de nous montrer plus responsables. Cela pour notre santé avant trout, bien sûr, mais aussi pour éviter les indécents gaspillages entraînés par l’achat de médicaments finalement jamais consommés… Une récente étude menée par IMS Health / CRIP fait état de chiffres édifiants puisqu’en additionnant l’ensemble des coûts liés aux complications évitables grâce à une bonne observance, elle estime que le système de santé dépense chaque année 9,3 milliards d’euros !  Estimant qu’en moyenne moins de 50% des patients dans le monde sont observants, l’OMS considère, se son côté, que ce phénomène « empêche les systèmes de santé d’atteindre leurs objectifs. »