Particules fines : que doit-on craindre ?

Le 13 décembre 2016 - Par Vanessa Bernard

En termes d’impact sanitaire, les particules fines figurent parmi les polluants les plus dangereux. En étant « fines », elle pénètrent plus profondément dans l’appareil respiratoire et ont pour effet d’agglomérer les polluants de l’air…

Des travaux scientifiques ont ainsi montré que l’impact de l’augmentation des niveaux de particules dans l’air serait responsable de nombreuses maladies et même à l’origine de près de 300 000 morts à l’échelle européenne. Parmi les pathologies dues à une telle exposition, on citera les maladies cardio-vasculaires, respiratoires, et même les cancers. Selon l’OMS, dès lors que nous sommes exposés à des niveaux de concentrations supérieurs au seuil acceptable (c’est-à-dire supérieur à 10 µg/m3), l’espérance de vie est en jeu. On estime ainsi que les personnes âgées de plus de 30 ans perdent 5,8 mois à Paris, 7,5 mois à Marseille et 5 mois à Bordeaux (source : Projet Aphekom de l’INVS).

Particules fines = asthme et maladies vasculaires et respiratoires

En vivant à proximité des voies très empruntées par les véhicules, nous sommes alors les plus exposés aux particules fines. A Paris et dans sa proche couronne, par exemple, où un tiers de la population réside à moins de 75 mètres d’axes routiers de masse, le phénomène s’aggrave. On parle alors d’une forte densité de trafic automobile qui pourrait être responsable d’environ 15 à 30 % des nouveaux cas d’asthme de l’enfant, et, de proportions similaires ou plus élevées de pathologies chroniques respiratoires et cardiovasculaires fréquentes chez les adultes âgés de 65 ans et plus. Ainsi selon l’Observatoire régional de la santé (ORS) d’IDF, en Ile-de-France, la pollution atmosphérique à proximité du trafic routier est responsable de 16% de survenue des nouveaux cas d’asthme chez l’enfant et de 16 à 29% des exacerbations de symptômes (crises d’asthme, hospitalisations).

Les particules fines cancérogènes

Parlons maintenant de la cancérogénicité des particules. En 2012, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, instance de l’OMS) a ainsi classé les effluents d’échappement des moteurs Diesel en « cancérigènes certains pour l’homme » (Groupe1) ; les effluents d’échappement des moteurs essence en « peut-être cancérogènes pour l’homme » (Groupe 2B) en l’état actuel des connaissances. En 2013, le CIRC a classé la pollution atmosphérique en « cancérigènes certains pour l’homme » (Groupe 1) ; les particules de l’air extérieur en « cancérigènes certains pour l’homme » (Groupe 1). C’est ainsi que depuis 2013, le Centre International de Recherche sur le Cancer et l’Organisation Mondiale de la Santé ont classé, la pollution de l’air extérieur et, indépendamment, les microparticules, comme des facteurs cancérogènes pour les humains, du groupe 1, c’est-à-dire avérés ou certains.

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