Méningite : comment prévenir et guérir

Le 28 février 2015 - Par Gaële Bengui

Le mot méningite a tendance à effrayer. Et pour cause, c’est une maladie peut entrainer des complications graves. Cela dit, les infections à méningocoque ou à pneumocoque n’ont heureusement pas toujours une telle issue. Des traitements existent et les situations critiques peuvent être évitées.

« La méningite est une infection des méninges, enveloppe du cerveau et de la moelle épinière », explique Isabelle Parent, médecin épidémiologiste à l’InVS. « Au départ, le sujet va être porteur d’un germe, le méningocoque ou le pneumocoque. Les enfants sont des populations qui courent le plus de risques face à ces deux germes. Le sujet âgé est plus particulièrement concerné par le pneumocoque, par ailleurs, couvert par un vaccin. »

Pour les infections à méningocoque, en revanche, les choses sont un peu plus compliquées puisque les ¾ d’entre elles ne sont pas ciblées par la vaccination : « Seul le méningocoque C prévoit un vaccin qui d’ailleurs apparaît sur le calendrier vaccinal depuis 2010 ». Quand le vaccin été commercialisé, au début des années 2000, il n’était alors prescrit que dans les zones géographiques particulièrement concernées, la Grande-Bretagne, notamment. Le traitement a ensuite été élargi et reste préconisé, jusqu’à l’âge de 24 ans. Le méningocoque est une souche portée dans le rhinopharynx de l’individu par « peut-être 5 à 10 % de la population », poursuit le médecin. Les cas les plus graves sont ceux appelés « infections invasives à méningocoque », quand le germe passe de la gorge au sang, mais ces derniers sont assez rares. « On estime, entre 500 et 800, le nombre de cas en France, chaque année, avec 1 cas sur 10 qui va malheureusement conduire à un décès. »

Méningite

Mais que se passe-t-il quand la vaccination ne peut intervenir ?

« La plupart des autres cas restent relativement isolés », précise Isabelle Parent, « on les appelle « sporadiques » et quand un malade apparaît, il est immédiatement signalé aux autorités de santé. Ensuite, un médecin chargé de la veille sanitaire va mettre en place des mesures de prévention autour du patient, « il va cibler l’entourage proche, tout ceux qui ont pu être exposés aux sécrétions rhinopharyngées, la famille, les amis… et un traitement antibiotique va leur être prescrit afin de leur permettre d’éliminer le méningocoque de leur gorge si, par hasard, ils ont été contaminés » S’il s’agit d’une infection par méningocoque C, la vaccination va être préconisée. L’épidémiologie est assez constante et les infections à méningocoque sont assez cycliques : « En 2009, 628 cas se sont déclarés et 58 malades sont décédés, le dernier pic d’incidence remonte à 2003 où 97 malades sont morts. »

Quelles séquelles peut-on craindre ?

Les infections peuvent aboutir à des cas de méningite et de septicémie, une infection générale grave de l’organisme, parfois même aux deux… « Un quart des malades vont présenter des formes septicémiques très sévères et vont voir apparaître ce que l’on appelle un purpura fulminans, une nécrose cutanée qui va conduire, dans certains cas, à l’amputation si le traitement antibiotique n’a pas pu arrêter le processus. » Mais le médecin rassure : « Ce sont des cas extrêmes. On en dénombre 5 à 6, chaque année ». Ce qui est peu mais reste trop…