Maxence, 14 ans (06) « Je suis dyslexique, dysorthographique, et dysgraphique »

Le 5 décembre 2015 - Par Vanessa Bernard

A le voir évidemment, rien ne transparaît. Maxence est un jeune adolescent, habillé à la mode, son portable greffé à la main avec cet air nonchalant si commun aux enfants de cet âge. Sauf que dans sa classe de 3e, il est le seul à travailler sur un ordinateur. Il nous explique pourquoi. 

« Depuis la classe de maternelle, je suis suivi, au départ pour des problèmes de graphisme, puis au fur et à mesure du temps, pour mes problèmes de dyslexie, dysorthographie et dysgraphie. A la maternelle, j’allais régulièrement au CMP (NDLR : Centre Médico-Psychologique) et aujourd’hui encore, je me rends au moins deux fois par mois chez une orthophoniste. Je vous passe entre temps, les bilans graphologiques, neuropsychologiques, mes visites chez l’ergothérapeute… Si ma mère n’avait pas tant insisté, j’aurais abandonné depuis longtemps puisque de toute façon j’écris mal, très mal et que tous ces tests n’ont jamais rien pu améliorer !

En 6e, on m’a finalement diagnostiqué dyslexique, dysorthographique, et dysgraphique

En 6e, on m’a finalement diagnostiqué dyslexique, dysorthographique, et dysgraphique. Mon entourage a alors enfin compris que je ne jouais pas la comédie et que mes problèmes d’orthographe et d’écriture n’étaient pas de la mauvaise volonté. J’ai toujours bien travaillé à l’école et comblé mes lacunes à l’écrit en participant beaucoup en classe, du coup, on ne pouvait pas non plus me qualifier de cancre puisque mes notes n’ont jamais été mauvaises. Je me dis juste que c’est vraiment dommage que le diagnostic ne soit pas tombé plus tôt alors même que j’ai passé des heures et des heures chez les médecins !

Tous ces examens auront finalement permis la mise en place d’un PAI et d’un PPS

Tous ces examens auront finalement permis la mise en place d’un PAI (Plan d’Aide Individualisée) l’année dernière et cette année d’un PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation). Les profs ne doivent pas prendre en considération mes fautes d’orthographe dans leur système de notation, ni m’enlever des points pour un devoir mal présenté ou écrit. Avec le PPS (NDLR : qui fait suite à un avis favorable de la MDPH – Maisons départementales des personnes handicapées), j’ai aussi l’autorisation d’avoir un ordinateur en classe et je bénéficie d’un tiers temps pour les examens.

Je n’entends plus jamais : « Mais applique toi ! »

Je me sens mieux depuis que je peux utiliser l’informatique car je n’entends plus jamais : « Mais applique toi ! ». Je suis le seul de ma classe à bénéficier d’un tel protocole mais je ne le vis pas mal. D’abord, parce qu’en classe personne ne se moque de moi et puis aussi car je me sens plus serein maintenant. Je passe le brevet des collèges en fin d’année et je suis rassuré de savoir que j’aurai plus de temps de que les autres et mon ordinateur avec moi.

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