Manger son placenta ou pas ?

Le 10 juin 2015 - Par La rédaction

La tendance séduit certaines femmes quand elle rebute un grand nombre d’autres… Manger son placenta après l’accouchement aurait des bénéfices sur la santé des mamans. Pourtant une récente étude parue dans la revue Archives of Women’s Mental Health dit tout le contraire.

Ingérer son placenta après la naissance. Voilà une idée que nous sommes très nombreuses à trouver farfelue. Pour autant un certain courant de jeunes mamans (essentiellement américaines…) adhère à cette pratique, appelée « placentophagie ». En effet, « riche » en hormones de grossesse, le placenta, une fois consommé permettrait de produire un meilleur lait pour bébé, de réduire les risques de dépression post-natale, d’améliorer les liens entre le nouveau né et sa maman… Les arguments ne manquent pas. Aussi aux Etats-Unis, la pratique, même si elle reste relativement rare (mais quand même en progression…), est autorisée : certaines femmes consomment leur placenta cru et mixé dans un smoothie de fruits, d’autres cuit, d’autres en font des décoctions à base d’eau distillée et d’alcool ; on peut même manger du placenta sous forme de gélules encapsulées… En France, en revanche, la placentophagie n’est pas légale : le placenta et le cordon sont considérés d’ailleurs comme des « déchets opératoires ». Mais faisant fi de cette interdiction, quelques rares mamans françaises arrivent toutefois à « récupérer » leur organe pour en faire leur dîner… A ces dernières, rappelons qu’aucune étude clinique n’a prouvé les vertus de l’ingestion du placenta sur la santé des femmes à l’exception d’une seule mais qui montre que le bénéfice (en l’occurence la réduction des douleurs post-natales) n’est possible que si le placenta est mangé immédiatement après l’accouchement, et entièrement, sans avoir été conservé ou chauffé… Ainsi présenté, le mets est encore bien moins ragoûtant vous en conviendrez… Enfin, rappelons aussi que si les bénéfices santé de la pratique n’ont pas été scientifiquement démontrés, on ne connaît pas plus les risques qui pourraient y être liés… Le placenta, certes, est l’organe essentiel à la respiration de l’embyron puis du foetus, mais il joue aussi un rôle de protection contre les virus, les bactéries et autres toxines et polluants… Et si ces derniers ingrédients restaient présents dans le tissu placentaire après la naissance ?