Maladie du foie « gras » humain : un risque de cancer en progression

Le 30 janvier 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

Le congrès « Paris Hepatology Conference » a été l’occasion de revenir sur la maladie du foie gras humain, en pleine expansion. Explications.

Si des traitements efficaces permettent de guérir la majorité des hépatites virales C, d’autres maladies du foie émergent comme la surcharge en graisse du foie, nouvelle cause de cirrhoses et de cancers hépatiques… Liée à l’épidémie d’obésité, de surpoids et de diabète dans le monde, la maladie du foie gras humain est fréquente. On la surnomme « Nash », une forme avancée du foie gras non alcoolique, devenue la première cause de transplantation du foie aux Etats-Unis, explique le Pr. Lawrence Serfaty de l’Hôpital Saint-Antoine, à Paris.

Une « stéatohépatite » non alcoolique

Cette hépatite ou « stéatohépatite » non alcoolique se caractérise par une accumulation de graisses dans le foie entraînant inflammation, destructions de cellules, et formation de tissu cicatriciel (fibrose). Restée longtemps ignorée, elle est devenue une cause en progression de cancer du foie. Il n’existe aucun médicament approuvé, aucune pilule miracle, contre la Nash qui concerne 1% de la population en France et 5% aux Etats-Unis, selon les spécialistes.

Maladie du foie : pas de remède encore…

Le meilleur traitement actuel repose sur la perte de poids grâce à un régime hypocalorique (pauvre en sucres à absorption rapide et lente) et la pratique régulière d’une activité physique. Une perte de poids de 8 à 10%, en effet,  permet d’améliorer la fonction hépatique et réduit le risque cardiovasculaire, première cause de mortalité chez ces patients. L’équilibre du diabète, voire la chirurgie bariatrique dans les obésités sévères, contribuent également à améliorer l’état du foie.

… mais des molécules en développement

« Une centaine de compagnies, essentiellement américaines, ont des molécules en développement (phases 1 à 3) » et il y a plus d’une centaine d’essais dans le monde visant plusieurs cibles (la fibrose, le métabolisme des lipides, du glucose, l’inflammation…) », selon le Pr. Serfaty. Le traitement sera probablement une combinaison, ajoute-t-il, citant le nom de deux molécules à venir, l’acide obéticholique et l’elafibranor.

Maladies du foie : un vrai fléau

Les maladies du foie chroniques (virales, alcoolique, métabolique…) touchent près d’un milliard de gens dans le monde. La Nash représente 10% d’entre elles, loin derrière les hépatites virales, mais elle pourrait atteindre 25% dans le futur, relève le Pr. Patrick Marcellin, président du congrès. En France, avec un tiers d’adultes en surpoids et 15% qui présentent une obésité, le nombre de Nash devrait augmenter inévitablement, s’inquiètent les spécialistes.

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