Les vaccins, protection ou illusion ?

Le 28 février 2015 - Par Gaële Bengui

Il est des « pour » et des « contre » la vaccination. Pourtant des millions de vies ont pu être sauvées grâce à ce geste de prévention. En France, l’arrêt de la transmission, voire l’élimination de certaines maladies est possible si chacun recourt à la vaccination pour se protéger mais aussi pour protéger les autres… Être à jour dans ses vaccinations, c’est être protégé toute la vie.

 « A partir du moment où un vaccin est inscrit au calendrier vaccinal, c’est qu’il est nécessaire », explique Daniel Floret, président du Comité Technique des Vaccinations et, également, professeur de pédiatrie. Si certaines polémiques ont entretenu une méfiance vis-à-vis des vaccins, il faut rester extrêmement prudent quant à ce qui peut être dit et décrié. Daniel Floret explique : « Je pense, notamment, au cas de l’hépatite B en France. Si l’Hexagone a souffert, d’autres pays n’ont, en revanche, pas connu la même histoire ni eu la même expérience. A contrario, les Anglais, de leur côté, ont à une certaine époque dénoncé le vaccin contre la rougeole qu’ils tenaient responsable de certains cas d’autisme, ce qui n’a été le cas, nulle part ailleurs. » Mais en dépit des controverses, le médecin reste rassurant : « 5 % seulement de la population se déclare réellement hostile à la vaccination. Du côté du corps médical, je dois dire que les médecins sont massivement pour, exception faite de certains, issus des médecines parallèles… »

Liste noire, unVaccinse légende ?

Et quand on interroge Daniel Floret sur l’existence d’une « liste noire », sa réponse est sans appel : « Il n’y a pas du tout de liste noire mais une règle européenne qui précise que tout nouveau médicament mis sur le marché doit faire l’objet d’une surveillance, et qu’il a fait, au préalable, l’objet d’études sur un nombre limité de patients. » Et c’est bien là justement que les inquiétudes du grand public se font entendre : comment être sûr de mesurer les effets secondaires sur un échantillon de 60 000 personnes, à peine ? Là encore, le président du Comité Technique des Vaccinations se veut rassurant : « Les systèmes de pharmacovigilance mis en place vont permettre de repérer tous les effets secondaires. »

Comment rassurer les Hommes ?

Le vaccin est sans nul doute le médicament le plus surveillé. Ce qui fait peur au grand public, c’est qu’il est administré aux personnes en bonne santé, il est donc difficile d’admettre qu’il puisse provoquer des effets secondaires. Revenons à un exemple récent de polémique, le vaccin contre la grippe A qui a suscité beaucoup de débats… Etait-il vraiment utile ? « La grippe A n’a pas été ce qu’on aurait pu craindre qu’elle soit », poursuit Daniel Floret, « elle a néanmoins tué des gens qui n’auraient pas dû mourir ce qui, à mon sens, justifie parfaitement les mesures de vaccination qui ont été prises. Si elle n’a pas tué beaucoup de monde, elle a tué beaucoup de gens jeunes. Avoir voulu protéger contre cette maladie était donc licite. » Alors, pourquoi encore craindre les vaccins ? A cause d’une mauvaise presse, dans certains cas, sans doute, et de certaines erreurs de communication : « En tout état de cause, il ne faut pas douter de leur réelle efficacité, ces médicament étant produits à partir d’éléments et d’expériences scientifiques ! », conclut le médecin.