Les jeunes, le sexe, la contraception… et l’imprudence

Le 17 mars 2015 - Par Vanessa Bernard

Les jeunes boostés par la société de « consommation » auraient-ils tendance à avoir des rapports sexuels « prématurés » ? Plus précoces que leurs aînés, il semblerait que non. Mais plus imprudents, peut-être bien…

Les différentes études menées sur le sujet tendent toutes à démontrer que l’âge du premier rapport sexuel reste situé entre 15 et 19 ans. En France, la dernière enquête conduite par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) situait l’âge médian au premier rapport sexuel à 17,4 ans pour les garçons et 17,6 ans pour les filles. Dans les années 40, cet écart était plutôt de l’ordre de quatre ans… Mais ne faut-il pas savoir vivre avec son temps ? Dès les années 70 d’ailleurs (effet mai 68, peut-être ?), cette marge a commencé à se réduire pour amorcer une nouvelle baisse dans les années 2 000 (effet Internet, peut-être ?). Mais la préoccupation essentielle n’est pas franchement de savoir si les jeunes filles sont plus « libertines » (« sollicitées » peut-être ?) que leurs grands-mères mais plutôt si elles et leurs « compagnons », « petits copains », « plans c… », « chéris », « mecs », « keums », « sex friends »… sont suffisamment prudents. Et c’est bien là que le bât blesse justement… En effet, les chiffres montrent que le niveau de rapports sexuels non protégés reste encore trop élevé chez les concernés. Ainsi, dans l’Hexagone en 2011, 34% des jeunes hommes et 45% des jeunes femmes déclaraient avoir des rapports sexuels sans contraception avec un nouveau partenaire. Ils étaient respectivement 16% et 23 % en 2009 (enquête Bayer HealthCare). Peut-être ne parle-t-on pas encore suffisamment de grossesses non désirées ou de maladies sexuellement transmissibles ? Rappelons quand même que le sida contamine entre 6 000 et 7 000 nouvelles personnes chaque année et que l’avortement n’est pas un moyen de contraception.