ITW _ Laurence Rossignol : « Le Plan Alzheimer »

Le 22 février 2015 - Par Gaële Bengui

En novembre dernier, le Ministère de la Santé présentait son plan « maladies neuro-dégénératives », s’appuyant notamment sur le rapport d’évaluation du dernier plan Alzheimer. Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat chargée de la famille, des personnes âgées et de l’autonomie auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé revient sur ses objectifs.

 

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Le Plan Alzheimer 2008-2012 a  permis bien des avancées. Quels enseignements en a-t-on tirés et quelles sont les sujets prioritaires que s’est fixé le Gouvernement face à ce grand problème de santé publique ? 

Les maladies neuro-dégénératives constituent un défi pour notre système de santé et la politique de recherche, en France comme à l’international. Leur prévalence, estimée à plus d’un million de personnes malades en France, et la gravité de l’impact de ces maladies sur la qualité de vie des personnes malades et de leurs aidants imposent une forte mobilisation des pouvoirs publics.

Le plan Maladies neuro-dégénératives, présenté en novembre 2014 par Marisol TOURAINE, Geneviève FIORASO et Laurence ROSSIGNOL, s’appuie notamment sur le rapport d’évaluation du dernier plan Alzheimer. La priorité donnée à la mobilisation contre cette maladie a ouvert la voie à des progrès qui doivent être poursuivis et amplifiés, mais aussi partagés avec ceux réalisés pour d’autres maladies. Le rapport d’évaluation du Plan Alzheimer 2008-2012 fait en ce sens un certain nombre de constats et en tire les préconisations qui ont été utiles à l’élaboration du plan maladies neuro-dégénératives autour de deux enjeux : amplifier les actions et les élargir à d’autres problématiques proches.

Le travail d’élaboration du Plan pour les maladies neuro-dégénératives s’est également appuyé sur une analyse des besoins des personnes touchées par les maladies d’Alzheimer et apparentées, de Parkinson et apparentées, de la sclérose en plaques (SEP) et plus ponctuellement de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et d’Huntington. Grâce à une large concertation auprès de plus d’une trentaine d’associations, les objectifs et propositions ont été élaborés de manière à répondre à un ensemble de besoins communs sans nier les spécificités de chaque maladie, l’impact important du vieillissement, ou encore les difficultés particulières rencontrées par les malades jeunes.

Il s’inscrit dans la continuité des trois précédents plans Alzheimer et traduit une approche nouvelle, transversale à plusieurs maladies neuro-dégénératives, dans le respect de la réponse aux besoins spécifiques de chacun tel que l’a souhaité le Président de la République. à l’issue du dernier plan.

C’est un plan pour les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives telles que Alzheimer, sclérose en plaques, Parkinson, sclérose latérale amyotrophique(SLA), Huntington. Il s’inscrit totalement dans la stratégie nationale de santé et se décline en cohérence avec le projet de loi santé et le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement.

Quatre axes structurent le plan :

  1. Soigner et accompagner tout au long de la vie et sur l’ensemble du territoire ;
  2. Favoriser l’adaptation de la société aux enjeux des maladies neuro-dégénératives et atténuer leurs conséquences personnelles et  sociales sur la vie quotidienne.
  3. Développer et coordonner la recherche sur les maladies neuro-dégénératives ;
  4. Faire de la gouvernance du plan un véritable outil d’innovation, de pilotage des politiques publiques et de démocratie en santé.

Le PMND annoncé par le Gouvernement part d’un socle commun mais prévoit une prise en compte des spécificités de chaque maladie. Concernant Alzheimer, après 3 premiers plans successifs, quelle nouvelle étape va être franchie ? 

Nous souhaiterions vraiment mettre en avant les engagements pris par le Gouvernement à travers ses différents plans d’action et en expliquer les retombées pour les malades et leurs proches.

Le plan comprend 96 actions transversales à plusieurs pathologies neuro-dégénératives : principalement la maladie d’Alzheimer qui touche plus de 850 000 personnes, la maladie de Parkinson qui concerne 150 000 personnes et la sclérose en plaques qui compte près de 85 000 malades en France.

La méthode retenue par le Gouvernement prend en compte les spécificités de chaque maladie pour apporter des réponses concrètes aux besoins des patients et de leurs aidants. Par cette approche globale, le Gouvernement s’engage dans une dynamique de progrès en matière de recherche, de soins et d’accompagnement, afin de créer davantage de synergie autour d’une problématique commune, celle de la protection neuronale.

Trois axes ont notamment été retenus pour

Améliorer le diagnostic et la prise en charge des maladies neuro-dégénératives

– Une coordination renforcée entre le médecin traitant et le neurologue favorisera le diagnostic des maladies ;

– 24 centres experts seront créés pour assurer la prise en charge thérapeutique et le suivi des personnes atteintes de sclérose en plaque. Le fonctionnement des 25 centres experts dédiés à la prise en charge des personnes touchées par la maladie de Parkinson sera consolidé. En complément des centres experts Alzheimer existants, cette organisation garantira un accès sans délai, pour tous et sur l’ensemble du territoire ;

- 74 nouvelles Equipes spécialisées Alzheimer (soit 740 places et 2 220 personnes accompagnées) verront le jour afin d’assurer une bonne couverture territoriale de l’offre d’ESA (équipes spécialisées Alzheimer)

- 100 nouveaux dispositifs MAIA (Maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer) seront mis en place ;

– Des programmes d’éducation thérapeutique du patient seront développés.

Assurer la qualité de vie des malades et de leurs aidants

– Développer l’accompagnement à domicile des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer par la mise en place de 74 nouvelles équipes (de professionnels) spécialisées.. Des expérimentations seront lancées pour déployer cette démarche pour les personnes touchées par la maladie de Parkinson et par la sclérose en plaque ;

– Le soutien aux aidants sera renforcé grâce à la création de 65 plateformes d’accompagnement et de répit supplémentaires;

– Des associations pourront porter des programmes d’accompagnement des malades et de leurs aidants ;

– Pour les malades jeunes, une priorité sera accordée au maintien dans l’emploi ou à la réinsertion professionnelle;

– Pour faciliter le quotidien des malades, des solutions numériques seront mises en place : un système d’alerte par SMS et des applications (sur mobile ou tablette) pour améliorer le suivi du traitement ; des initiatives de solidarité en ligne pour lutter contre l’isolement des personnes.

Développer et coordonner la recherche

– Des centres d’excellence en enseignement et en recherche sur les maladies neuro-dégénératives seront identifiés et labellisés, au cœur du réseau international ;

– Des bases de données nationales seront ouvertes pour mieux comprendre les maladies neuro-dégénératives et apporter des solutions plus efficaces pour les patients et leurs proches.