La petite histoire de la fabrication des vaccins…

Le 28 février 2015 - Par Gaële Bengui

C’est un petit siècle avant la célèbre découverte de Pasteur que le tout premier vaccin a été fabriqué, celui contre la variole en 1798. Louis Pasteur arrive quelques décennies plus tard et construit sa renommée auprès du grand public en découvrant le vaccin contre la rage en 1885. Mais avant cela, le scientifique français avait déjà trouvé, un peu accidentellement, son premier remède, le vaccin contre le choléra de poule…

Pasteur utilisait alors une culture de cette bactérie pour infecter les poules. Un beau jour alors qu’il revient à son laboratoire après une absence prolongée, il utilise une culture de bactéries oubliée sur un animal qui n’en mourra pas… Faisant le lien entre le vieillissement de la culture et la perte de virulence des bactéries, le scientifique français se livra alors à de nouvelles expériences et se pencha sur la maladie du Charbon qui à la fin du XIXème siècle tuait beaucoup le bétail. Une nouvelle réussite… Si la microbiologie a trouvé ses lettres de noblesse avec Pasteur, les progrès faits depuis sont énormes.

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« La vaccination, au départ, c’est la rencontre artificielle entre un organisme vivant et un agent pathogène (bactérie, virus…) qui lui est étranger », rappelle Muhamed-Kheir Taha, Chef de l’Unité des Infections Bactériennes Invasives à l’Institut Pasteur. « De cette interaction, nait une réponse immunitaire qui va empêcher une vraie rencontre avec le vrai agent. » C’est sur ce modèle que naquit, le BCG de Calmette et Guérin, élèves de Pasteur. La science progressant encore, d’autres vaccins, appelés sous unitaires, et n’utilisant qu’une partie de la bactérie pour être conçus, verraient bientôt le jour et seraient encore mieux tolérés. Avec l’arrivée du génie génétique, les vaccins ont encore une fois évolué et atteint alors une qualité inégalée.

« La fabrication d’un vaccin est un travail de longue haleine »

« La fabrication d’un vaccin est un travail de longue haleine », poursuit le médecin. Avant sa mise sur le marché, les étapes sont longues, très longues, la recherche peut durer plusieurs dizaines d’années… « Le tout premier stade reste le concept qui vient le plus souvent de la recherche, si les résultats des laboratoires sont prometteurs, on passe alors aux études de phase 1, 2 et phase 3, pour déterminer la tolérance du vaccin et son efficacité. Le nombre de sujets dans les études d’évaluation du vaccin augmente au fur et à mesure des étapes mais à la moindre anomalie le processus s’arrête. » Après la mise sur le marché, ce sont les recommandations des hautes autorités de santé qui vont déterminer le calendrier vaccinal. Mais même après la mise sur le marché, selon des règles très strictes, la surveillance se poursuit : « La pharmacovigilance est active en permanence. Un vaccin peut être à tout moment retiré du marché s’il présente un risque avéré. »