« Junk Food » : le marketing au pilori !

Le 11 avril 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

Ce sont des chercheurs qui le disent : il faudrait mieux protéger les enfants du marketing quand il se veut en faveur des « produits de mauvaise qualité nutritionnelle ». Cela pour favoriser la lutte contre le surpoids et l’obésité, considérés comme de véritables fléaux. 

Ce groupe d’experts de l’Inserm, vise en particulier les plages horaires visionnées par un grand nombre d’enfants, au-delà des seuls programmes jeunesse. Dans un ouvrage titré « Agir sur les comportements nutritionnels« , publié mardi dernier, ils suggèrent également « d’interdire le recours à des techniques dotées d’un pouvoir de persuasion particulièrement fort, comme l’utilisation de porte-parole de marque (sportif, chanteur, etc.) ».

Adapter le message aux enfants…

Comme les restrictions de la loi actuelle ne visent qu’un petit nombre de médias, voire exclusivement la télévision, le groupe d’experts propose alors de « limiter » également le marketing sur des supports de plus en plus plébiscités par les enfants (internet, réseaux sociaux, applications mobiles…). Au contraire, il préconise de « se servir des méthodes du marketing qui marchent très bien auprès des plus jeunes, en utilisant des personnages de dessin animé ou des personnalités qu’ils apprécient pour faire passer des messages sanitaires » sur tous les supports (web vidéos, jeux sur mobile et tablettes, fenêtres pop-up…). Rappelons, d’ailleurs qu’une loi adoptée en 2016 prévoit de supprimer la publicité dans les programmes pour enfants de France Télévisions – y compris sur ses sites internet – à partir de 2018, ainsi que quinze minutes avant et après leur diffusion.

« Les taux d’obésité et de surpoids des enfants se situent respectivement à environ 8% et 20%. »

…sans oublier les adultes.

L’ouvrage s’intéresse aussi aux adultes et, plus généralement, aux moyens d’améliorer les messages sanitaires dans un contexte d’obésité en hausse en France. Déjà parmi les adultes, 7 millions sont obèses et environ un tiers en surpoids. Chez les enfants, les taux d’obésité et de surpoids se situent respectivement à environ 8% et 20%. Pour faire face à cette tendance, des messages sanitaires (éviter de grignoter, de manger trop gras…) ont été imposés en 2007 dans les publicités en faveur de produits industriels à la télévision, la radio ou par affichage publicitaire. Mais au fil du temps, ils attirent moins l’attention et sont parfois perçus comme une caution des produits vantés par la publicité. Les experts avancent une série de propositions : jouer sur l’interactif (jeux, quizz…), s’adapter aux différents publics plus ou moins éduqués, donner des repères qui illustrent les notions de « trop gras, trop sucré ». Ils insistent aussi sur la nécessité d’évaluer systématiquement les stratégies de communication avant de les lancer, par exemple par des expérimentations en entreprises, restaurants, supermarchés, et qui seraient menées par des « équipes indépendantes de l’industrie agroalimentaire ».

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