Ivresse et jeunesse : une rime bien lourde

Le 24 juin 2015 - Par Vanessa Bernard

Avec l’été, les jeunes n’ont qu’une seule envie : faire la fête. Décompression oblige, les verres se remplissent au fur et à mesure des soirées. Mais malheureusement, pas toujours de « softs ». Ainsi, depuis 10 ans, on note une hausse des consommations excessives d’alcool chez les 18-25 ans. Un phénomène préoccupant pour le moins.

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Trinquer aux vacances qui se profilent, à la réussite des examens ou même à leur échec, quand il s’agit de lever son verre, tous les prétextes sont bons ! Mais de l’alcool festif ou de circonstance à la beuverie éthylique, il n’y a parfois pas un si long chemin à parcourir. Le Baromètre Santé Inpes 2014 met ainsi en avant une hausse inquiétante des consommations excessives d’alcool chez les jeunes : près d’un jeune sur deux est ainsi concerné. A regarder 10 ans en arrière, on se rend compte d’ailleurs que les comportements face à l’alcool ont évolué. Et pas dans le bon sens ! Au cours de la dernière décennie, en effet, la part des 18-25 ans ayant connu une ivresse dans l’année est passée de 33% à 46% et la part de ceux en ayant connu au moins trois a presque doublé, de 15% à 29%. De quoi alerter. L’analyse des résultats montre aussi que les évolutions à la hausse sont particulièrement marquées chez les jeunes femmes et plus spécifiquement chez les étudiantes alors que l’on observe une tendance à la stabilité chez les étudiants. Ainsi, les ivresses répétées (au moins trois dans l’année) touchent  28 % d’entre elles, contre 19 % en 2010 et 8 % en 2005, quand les ivresses régulières (au moins 10 dans l’année) concernent 11 % d’entre elles (contre 7 % en 2010 et 2 % en 2005). Ce qu’il faut en déduire ? Que les jeunes Français consomment trop, beaucoup trop d’alcool et qu’en la matière, ils tendent même à se rapprocher des « coutumes » anglo-saxonnes. Ivresse et jeunesse, la rime certes est facile, mais surtout très inquiétante. Pour se faire une idée, rappelons qu’en 2011, les 15-24 ans représentaient 13% de la population totale mais 25% des tués sur la route (soit 991 morts). Les accidents de la route représentaient ainsi la première cause de mortalité chez les jeunes. Les mêmes jeunes qui pour 38% d’entre-eux avaient consommé de l’alcool en excès avant de monter dans une voiture…

Voir aussi la vidéo de la campagne :  « Oui, on peut dire non »