IVG : LES INEGALITES DES FRONTIERES

Le 6 octobre 2015 - Par Manon Costantini

En janvier dernier, la France fêtait le quarantième anniversaire de la loi dépénalisant l’IVG (interruption volontaire de grossesse). En 1982, le remboursement par la sécurité sociale facilitait plus encore le recours à l’avortement. L’année 2001 voyait l’allongement de son délai légal.

Une pratique qui a considérablement évolué en France

Selon une étude de l’Ined (Institut national d’études démographiques), entre 1976 et 1995, la France assiste à une diminution de la fréquence du recours à l’IVG : l’indicateur passe alors de 0,66 IVG en moyenne par femme à 0,43 au cours de leur vie. De 1995 à 2000, les chiffres augmentent légèrement jusqu’à une stabilisation entre 2000 et 2006. Une stabilisation probablement due à l’amélioration de la couverture contraceptive en France. Finalement, c’est en 2011 que l’indicateur augmente pour atteindre les 0,53 IVG par femme. Dès lors, on compte 210.000 avortements, soit une grossesse sur cinq, pratiqués chaque année. Un nombre que l’on justifie alors par les inégalités sociales face à l’accès aux soins. Et le phénomène ne cesse de croître : en 2013, les chiffres grimpent encore avec 229 021 IVG, pratiquées cette année-là.

Moins de femmes y ont recours, mais les fréquences augmentent

Selon les statistiques, un tiers des femmes, soit 33%, auraient recours à l’IVG au moins une fois au cours de leur vie. 33% dont 10% qui auraient interrompu leur grossesse à deux reprises, et 4% à trois reprises. La part des IVG médicamenteuses ayant augmenté, la durée moyenne de grossesse avant intervention a considérablement diminué : les chiffres indiquent 7,1 semaines en 2002 contre 6,4 en 2011. En France, l’IVG peut être pratiquée avant la fin de la 12e semaine de grossesse, c’est-à-dire avant la fin de la 14e semaine après le début des dernières règles. Il existe deux méthodes d’interruption volontaire de grossesse : l’IVG médicamenteuse, prise de médicaments, et l’IVG chirurgicale qui signifie que la patiente est anesthésiée afin d’évacuer le contenu utérin par aspiration. Depuis 2013, l’IVG est intégralement prise en charge par l’Assurance Maladie.

Les pays qui disent NON à l’IVG

En France, chaque femme, qu’elle soit mineure ou majeure, est libre d’interrompre sa grossesse, quelqu’en soit le motif. Mais de nombreux pays ne légalisent l’IVG qu’en cas de « situation de détresse » (mise en danger de la mère, viol, etc.) : Brésil, Cameroun, Chypre, Maroc, Pologne, etc. Pour d’autres pays, quelqu’en soit la raison, l’avortement est absolument illégal comme en Algérie, au Chili et en Colombie notamment.

Et chez nos voisins européens, qu’en est-il ?

1. En Allemagne, l’IVG est autorisé sur simple demande. En 2008, on en comptabilisait près de 114 500.
2. En Grande-Bretagne, l’avortement est légal, excepté en Irlande du Nord, où la situation de détresse est exigée pour pouvoir prétendre à l’interruption (mère en danger).
3. En Autriche, l’IVG qui est non remboursée, doit s’effectuer dans le premier trimestre de grossesse.
4. En Espagne, la loi accorde l’IVG jusqu’à 12 semaines en cas de viol, 22 semaines en cas de malformation et sans délai si la santé mentale et physique de la mère est mise en danger. En 2007, on comptait près de 112 138 avortements dans ce pays.
5. En Italie, le nombre d’avortements est en baisse : en 2008, l’indicateur pointait 121 406 IVG alors qu’en 2007,126 562 avortements avaient été effectués, soit une baisse de 4,1%.
6. Au Portugal, la question de l’IVG est encore fraiche dans les esprits. L’avortement n’a été dépénalisé qu’en mars 2007. En 1998, la légalisation avait été refusée par référendum.
7.Aux Pays-bas, l’interruption volontaire de grossesse peut s’effectuer jusqu’à 22 semaines de grossesse. Elle a été autorisée en 1981 et est remboursée depuis 1984.
8. En Suède, l’IVG est légale sur simple demande. Entre 2000 et 2007, la Suède a vu le nombre d’avortement augmenter de 17%, avec 30 980 IVG en 2000 contre 37 205 en 2007.

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