ITW du Pr. Haab : « Personne n’est à l’abri des incontinences urinaires ! »

Le 27 octobre 2015 - Par Manon Costantini

En France, plus de 3 millions de personnes sont concernées par des problèmes d’incontinences urinaires. Elles peuvent survenir à tous les âges, même si la prévalence augmente au cours de la vie. Elles constituent donc un véritable enjeu de santé publique. François Haab, chirurgien urologue, nous en parle.

Qu’est-ce que l’incontinence urinaire ? 

On parle d’incontinences urinaires dès lors que les fuites d’urine entrainent une gêne, ont un retentissement social. Certains patients peuvent être très gênés pour de toutes petites fuites alors que d’autres moins. Le terme est souvent mal accepté car dans le langage commun cela renvoie à des fuites très importantes, à une perte de contrôle du corps. C’est un symptôme, qui peut être le témoin de certaines maladies : certaines pathologie neurologiques peuvent notamment entraîner ce type de maux…

Qui est concerné par ce problème ? 

Il est difficile de donner une moyenne d’âge. Il va y avoir des pics de prévalence à certaines périodes de la vie. Pour l’incontinence d’effort, qui se traduit notamment par des fuites en toussant ou en éternuant, la survenue la plus courante est souvent après un accouchement, ou chez les femmes en périménopause ou chez celles de plus de 50 ans. Sinon, pour ce qui est de l’hyperactivité de la vessie, l’autre forme d’incontinence concerne plutôt des patients souffrants d’obésité ou d’infections urinaires. Les femmes ménopausées, fumeuses ou en pleine grossesse peuvent aussi subir des troubles liés à une vessie hyperactive.

 Les femmes ménopausées, fumeuses ou en pleine grossesse peuvent aussi subir des troubles liés à une vessie hyperactive.

Pourquoi les hommes sont-ils moins touchés que les femmes ? 

Tout simplement parce que leur anatomie les protège mieux. L’urètre mesure 6 à 7 cm chez la femme alors qu’il mesure près de 20 cm chez l’homme, c’est donc purement anatomique.

Peut-on prévenir ces troubles ? 

Il y a un certains nombre de facteurs de risque comme la surcharge pondérale mais certains vont pouvoir être évités en changeant simplement de mode de vie : arrêt du tabac, perdre du poids, boire en petite quantité, limiter l’ingestion de certains produits, faire de la rééducation etc…

Comment les soigner ?

L’incontinence d’efforts se traite par rééducation : la musculation du périnée ou « l’opération de la bandelette », qui consiste à poser une petite bandelette sous l’urètre pour former un petit « hamac ». C’est une intervention peu douloureuse et effectuée en hôpital de jour. Le patient sort le jour même et la reprise d’activité est quasi immédiate. L’hyperactivité de la vessie, elle, se soigne avec des médicaments avec, parfois, de la rééducation en complément.

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