ITW – Daniel Wendling revient sur les rhumatismes

Le 13 novembre 2015 - Par Manon Costantini

Les troubles représentent 15 à 30 % des motifs de consultations chez les généralistes. L’arthrose entraîne à elle seule 5 à 7 millions de consultations par an en France, un chiffre qui démontre bien l’étendue de ces affections auxquelles on ne prête pas toujours attention. Daniel Wendling, Professeur de Rhumatologie, Chef de service de Rhumatologie au centre hospitalier de Besançon nous en parle.

Quelle est votre définition de la rhumatologie ?

La rhumatologie s’intéresse aux maladies de l’appareil locomoteur, c’est-à-dire les os, les articulations et tout ce qui se trouve autour (tendons, ligaments, muscles).

Y a-t-il différents types de rhumatismes ?

Il y a les rhumatismes inflammatoires qui se définissent par une inflammation dans l’articulation. Ils peuvent toucher l’ensemble de l’éventail de la population, des enfants aux personnes âgées. On trouve notamment dans cette catégorie la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante. Ensuite, nous avons les rhumatismes dégénératifs qui se traduisent par l’usure des structures articulaires, on va donc principalement parler d’arthrose. Ici, la population la plus touchée se trouve au-delà des 50 ans. Finalement, il y a aussi des rhumatismes dont l’atteinte n’est pas articulaire, mais plutôt ce qu’il y a autour de l’articulation c’est à dire les muscles, les tendons etc. Personne n’est à l’abri de ce type de rhumatismes. Cette catégorie comprend également des maladies osseuses comme l’ostéoporose (diminution de la quantité de masse osseuse) qui, elle, survient plutôt au-delà de 60 ans.

Quelles en sont les causes ?

Il n’y a pas de cause unique : il faut bien séparer les différents rhumatismes.
Pour les rhumatismes inflammatoires, les causes font intervenir, d’une part, un dérèglement du système immunitaire, et d’autre part des facteurs environnementaux : le tabagisme est notamment un facteur pour les rhumatismes psoriasiques. Pour l’arthrose, on sait qu’il y a des éléments génétiques et des facteurs de sollicitation locale, notamment quand il y a des anomalies de l’architecture ou une utilisation excessive des articulations.

Peut-on les soigner ?

Les rhumatismes inflammatoires peuvent se soigner et même se guérir dans certains cas. Un certain nombre de traitements sont à disposition et se sont enrichis : par exemple il existe de nouveaux traitements à base de biomédicaments (médicament issu d’une substance biologique).
Pour l’arthrose, c’est plus difficile car même s’il y a eu des progrès dans la connaissance des mécanismes de l’affection, il n’y a pas eu encore de traitement vraiment efficace. Il existe des solutions mais les effets sont plus modestes que pour l’arthrite par exemple. C’est ici que se trouve l’intérêt de consulter car il faut prendre en charge l’affection assez tôt pour mettre en place des mesures qui limiteront le retentissement fonctionnel et la progression de la maladie.

A quel moment doit-on aller consulter ?

Dès qu’il y a un symptôme anormal et inexpliqué, vous pouvez aller consulter votre médecin traitant. Si vous avez une gène pour faire certains mouvements, qui dure dans le temps; si vous avez des douleurs qui vous réveillent en fin de nuit ou si vous avez des difficultés a bouger les articulations le matin, vous devriez consulter un rhumatologue.

Les rhumatismes peuvent-ils entraîner des séquelles ?

Oui, les rhumatismes peuvent entraîner des séquelles lorsque la maladie articulaire a induit une dégradation et parfois une destruction de l’articulation. Sinon, il peut y avoir, pour certaines maladies, des manifestations systémiques (c’est-à-dire en dehors des articulations) : des atteintes inflammatoires de l’oeil ou des poumons par exemple. Il est donc important de consulter, pour mieux prévenir, guérir, et limiter les fâcheuses conséquences.

Pourquoi dit-on que c’est une maladie de femme ?

C’est un raccourci, un cliché que de dire cela. Il ne faut pas rester sur cette notion car ça dépend essentiellement du type de rhumatologie dont vous êtes atteint. C’est vrai que l’auto-immunité est plus fréquente chez la femme, le lupus et l’ostéoporose également mais, à l’inverse, certaines maladies se manifestent chez les deux sexes et certaines sont même plus présentes chez les hommes. Pour les maladies qui touchent plutôt les personnes de plus de 50 ans, statistiquement parlant, les femmes seront forcément plus touchées : la maladie touche de façon équivalente les deux sexes mais les femmes étant plus nombreuses que les hommes dans cette tranche d’âge, elles seront touchées en plus grand nombre. C’est une maladie de femme : cette affirmation n’est donc pas exact.
Les maladies rhumatologiques sont fréquentes donc l’absence de prise en charge correcte peut entraîner des séquelles et peut s’accompagner d’une diminution de l’espérance de vie. Pas de quoi s’affoler mais ce n’est tout de même pas quelque chose à banaliser. Les rhumatismes peuvent parfois être graves, il est important d’y prêter attention.

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