Endométriose : causes, symptômes et traitements

Le 22 mars 2018 - Par Vanessa Bernard

En France, une femme sur dix est concernée par l’endométriose qui si elle est mal prise en charge peut entraîner de graves conséquences… Pourtant, la maladie reste encore trop peu connue. Et vous, savez-vous ce que c’est ?

Touchant une femme sur dix entre 16 et 50 ans au sein de l’Hexagone, l’endométriose est une maladie chronique qui survient chez les femmes en âge de procréer. Bien que relativement courante, cette pathologie gynécologique est peu connue des Français, ce qui rend sa prise en charge plus délicate. Et si l’endométriose provoque parfois de vives douleurs, en particulier lors des règles, elle est parfois asymptomatique. Mais quand symptômes il y a, on parle alors de douleurs et/ou d’infertilité. Une douleur, située dans la région du pelvis (bas ventre et zone génitale) qui peut être très aigüe… Mais comme les maux apparaissent au moment des règles, les femmes n’y prêtent pas toujours attention pensant qu’ils sont liés à leurs menstruations. Seulement voilà, la récurrence du phénomène et son caractère cyclique sont évocateurs de la pathologie.

Mais comme les maux apparaissent au moment des règles, les femmes n’y prêtent pas toujours attention pensant qu’ils sont liés à leurs menstruations

L’endométriose : qu’est-ce que c’est ?

L’endométriose est une maladie qui se caractérise par la migration de cellules de l’endomètre, la muqueuse interne de l’utérus. Ce tissu qui tapisse la paroi de la cavité utérine se gonfle lors de l’ovulation puis se désagrège s’il n’y a pas fécondation pour provoquer ce phénomène extrêmement naturel que sont les règles. Mais chez la femme malade, ces cellules de la muqueuse utérine migrent vers les trompes pour y créer des lésions, des amas et kystes ovariens. Et si cette migration se limite généralement aux organes génitaux, elle peut parfois toucher le système urinaire, les organes digestifs et même migrer jusqu’à d’autres organes comme les poumons. Parfois sans aucun symptôme et conséquence pour la santé, la maladie ne nécessite aucun traitement. Dans d’autres cas, en revanche, certaines femmes ressentent lors de leur cycle menstruel de fortes douleurs pelviennes chroniques, parfois aigües pouvant provoquer une infertilité.

Parfois sans aucun symptôme et conséquence pour la santé, la maladie ne nécessite aucun traitement. Dans d’autres cas, en revanche, certaines femmes ressentent lors de leur cycle menstruel de fortes douleurs pelviennes chroniques

Endométriose : la difficulté du diagnostic

Le problème principal de l’endométriose est qu’elle demeure une maladie relativement mal détectée. De fait, le diagnostic est jugé insuffisant et la prise en charge trop mal coordonnée avec pour conséquences chez les patientes concernées une situation inconfortable voire complexe et traumatisante. Tant et si bien, qu’est même évoqué le terme d’« errance » pour qui est touchée par l’endométriose ! Comme la maladie peut avoir plusieurs types de conséquences chez la patiente, la prise en charge n’est pas forcément systématique selon les affections et le mal être ressenti par chaque femme.

Endométriose et infertilité

La prise en charge est alors envisagée lorsque les patientes présentent des symptômes avec ressentiment fonctionnel comme la présence de douleur ou l’infertilité, et plus généralement si la maladie porte atteinte au fonctionnement d’un organe ou au quotidien de la femme touchée. Si chez de nombreuses femmes on observe des menstruations difficiles et douloureuses qui ne sont pas soulagées par des antalgiques, des douleurs lors des rapports sexuels, à la défécation ou encore des problèmes urinaires, chez d’autres, l’endométriose peut aussi être la cause d’une infertilité. C’est par un examen clinique, lors d’un entretien avec la patiente que sera détectée la maladie, associé à un contrôle gynécologique et une échographie pelvienne.  A ce stade, s’il existe une incohérence entre les symptômes évoqués avec la patiente et les examens d’imagerie, le personnel médical prescrit des examens plus poussés réalisés par des praticiens spécialisés : examen pelvien orienté avec recherche d’endométriose profonde, échographie endovaginale ou encore IRM pelvienne.

S’il existe une incohérence entre les symptômes évoqués avec la patiente et les examens d’imagerie, le personnel médical prescrit des examens plus poussés

Mieux informer et accompagner les patientes

La maladie étant peu connue et touchant une partie sensible du corps de la femme, celle-ci fait souvent l’objet d’une inquiétude chez qui en est atteinte. C’est pourquoi, il est ainsi essentiel que le corps médical délivre une information continue active et réponde aux nombreuses interrogations des patientes sur le sujet. En premier lieu, il est primordial de rappeler les causes et les manifestations de la maladie, le médecin doit aussi informer sur les éventualités thérapeutiques adaptées avec pour chaque traitement envisageable, les bénéfices attendus mais aussi les risques et effets secondaires éventuels. Le risque de récidive doit aussi être abordé ainsi que les problèmes de fertilité et leurs enjeux. Mieux informée, la patiente se sentira d’une part écoutée et accompagnée dans les décisions qu’elle aura à prendre au cours de son parcours médical tandis que ses attentes et préférences seront prises en compte, et ce, en toute connaissance de cause. Un document destiné au grand public, réalisé par des associations de patientes en lien avec le corps médical, est en cours d’élaboration. Il évoquera également les actes chirurgicaux inhérents à la maladie : déroulement, objectifs, complications éventuelles, cicatrices, convalescence…

Un traitement individuel et surtout adapté

Le traitement a pour but premier de diminuer voire de supprimer la douleur. Il existe alors deux cas de figure : si la patiente ne manifeste pas de désir de grossesse, on lui proposera des traitements hormonaux de type contraceptif oestroprogestatif ou la mise en place d’un dispositif intra-utérin hormonal délivrant du lévonorgestrel. Il faudra parallèlement contrôler les effets indésirables. Si le traitement est efficace, il sera alors inutile de pousser vers d’autres démarches de soin puisque la maladie est peu évolutive. Dans certains cas, un traitement chirurgical peut être envisagé selon le ratio bénéfices versus effets indésirables des traitements médicamenteux en cours, l’intensité des douleurs, le bien-être et les envies de la patiente ou encore la localisation de l’endométriose. En cas de désir de grossesse, la prise en charge de l’infertilité sera l’objet d’une approche multidisciplinaire et reposera selon les cas sur une stimulation ovarienne ou une FIV.

En cas de désir de grossesse, la prise en charge de l’infertilité sera l’objet d’une approche multidisciplinaire et reposera selon les cas sur une stimulation ovarienne ou une FIV.

L’ENDOMÉTRIOSE EN CHIFFRES

  • Entre 2 et 4 millions de femmes concernées en France*
  • Le délai de diagnostic moyen est de 7 ans en France
  • Les femmes atteintes ont une qualité de vie inférieure de 20 % par rapport à une personne avec le meilleur état de santé possible**
  • En France l’endométriose coûterait 9,5 milliards d’euros /an** (coûts directs médicaux + coûts indirects de perte de productivité)
  • L’endométriose représente environ 21 000 hospitalisations par an en France

*base données INSEE 2013 / **données issues de l’étude ENDOCOST de 2009 sur 10 pays conduite par la fondation mondiale de recherche sur l’endométriose /

*** statistiques MCO de l’ATIH 2010

LES SYMPTÔMES DE L’ENDOMÉTRIOSE

  • Règles douloureuses (dysménorrhée), douleurs pelviennes (pour 80 % des femmes atteintes)
  • Règles hémorragiques, saignements anarchiques
  • Douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie)
  • Troubles digestifs
  • Fatigue chronique
  • Infertilité (pour 30 à 40 % des femmes atteintes)

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