Comprendre les vaccins : la meilleure façon de ne plus en avoir peur ! Quid.

Le 28 février 2015 - Par Gaële Bengui

Faire la différence entre vaccins vivants et vaccins inertes, vaccins conjugués et vaccins non conjugués est souvent compliqué pour le grand public. Doit-on avoir peur de ces terminologies médicales, comment doit-on les comprendre ? Quelques pistes de réponses.

Comme leur nom l’indique, sont dits vivants, les vaccins qui utilisent des bactéries ou des virus vivants (vaccins contre la rougeole, les oreillons, la rubéole, les vaccins varicelleux…). Bien évidemment, ces germes sont atténués, ils provoquent une infection à minima, qui passe généralement inaperçue, stimulant le système immunitaire et lui permettant de devenir alors capable de se protéger contre le germe quand il le rencontre une seconde fois. Au contraire, les vaccins inertes sont fabriqués, à partir d’un germe inactivé (virus de l’hépatite A) ou à partir d’un fragment de l’agent infectieux ou antigène, capable d’être reconnu par le système immunitaire (tétanos, hépatite B, grippe…).

On fait aussi la différence entre vaccins conjugués et vaccins non conjugués. « Il se trouve que les bébés ne savent pas faire d’anticorps avant l’âge de deux ans », commence Joël Gaudelus, professeur en pédiatrie et auteur d’un livre de vaccinologie. « Pour cette raison, on a conjugué le sucre de l’antigène à une protéine, ce qui nous a permis de fabriquer des vaccins dont les antigènes (substance qui détermine l’apparition d’anticorps) permettent de faire apparaître des anticorps dès l’âge de 6 semaines et de déclencher une réponse immunitaire qui protègera l’enfant durablement. Seulement trois vaccins appartiennent à cette catégorie : ceux contre le méningocoque, le pneumocoque et le vaccin anti-hémophilus B. » Et le professeur de préciser : « Avant l’apparition de ce dernier vaccin, 600 méningites à hémophilus B étaient déclarées chaque année en France, chez l’enfant de moins de 5 ans, En 2000, seulement 20 cas étaient déclarés, dont 10 chez des non vaccinés. »

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Doit-on avoir peur des adjuvants ?

À cette question la réponse du professionnel est sans appel : « non ! ». Il faut savoir qu’avec le progrès, la vaccination tend, pas à pas, vers des antigènes de plus en plus purifiés : « Or, plus vous purifiez l’antigène, moins vous êtes immunogène », précise Joël Gaudelus, « l’adjuvant va permettre d’augmenter la fabrication d’anticorps. Prenez le cas de la grippe, par exemple, l’ajout d’un adjuvant a permis de répondre de façon efficace à une pandémie en vaccinant à grande échelle avec une dose de virus quatre fois moindre ! » Le professeur rappelle tout de même, que comme tout ce qui entoure la vaccination, l’adjuvant est extrêmement surveillé. « Parmi les deux vaccins qui existent contre le papillomavirus, par exemple l’un comporte un adjuvant qui a été placé sous surveillance. » Et de préciser : « L’adjuvant le plus utilisé depuis des décennies, c’est l’aluminium, or à ma connaissance, aucun travail ne l’a jamais incriminé. »