COLONDAYS : sortons du tabou !

Le 7 mars 2017 - Par Vanessa Bernard

Le cancer du colon est le 2ème cancer le plus meurtrier en France et tue 5 fois plus que les accidents de la route. La maladie est pourtant évitable avec 9 cas sur 10 guéris quand elle est détectée précocement. Seulement voilà le sujet est tabou ! A l’occasion des COLONDAYS qui commencent aujourd’hui : parlons-en !

Un cancer sans symptômes apparents

Localisé dans le côlon ou le rectum, le cancer colorectal se développe insidieusement sur plusieurs années, à partir de polypes fixés sur la paroi interne du côlon. Enlever un ou des polypes bénins permet de l’éviter. D’où l’impérieuse nécessité d’effectuer un dépistage tous les 2 ans après 50 ans, d’autant que ce cancer ne présente le plus souvent aucun symptôme apparent. 3 ème cancer le plus fréquent, après ceux de la prostate et du sein, 2 ème des cancers les plus mortels derrière celui du poumon, il touche dans 95 % des cas les plus de 50 ans. Sa fréquence augmente avec l’âge, et il devient la 1ère cause de mortalité par cancer en France après 85 ans. Ainsi, 4 hommes sur 100 et 3 femmes sur 100 développeront un cancer du côlon au cours de leur vie. L’âge moyen lors du diagnostic est de 70 ans chez l’homme et 73 ans chez la femme. Il existe plusieurs types de cancers du côlon. Dans plus de 80 % des cas, il provient d’une tumeur bénigne, le polype adénomateux situé dans le gros intestin, qui non traitée finit par devenir cancéreuse au fil des années. 

Une maladie dont on mésestime largement la dangerosité

Une étude menée par le CNP-HGE et OpinionWay sur le niveau de connaissance des Français de 50 ans et plus en matière de cancer du côlon montre que la majorité d’entre eux connaît cette maladie : 95 % savent que ce cancer fait partie des 3 cancers les plus fréquents. Seul 1 Français sur 4 (soit 25 % des personnes interrogées) ne sait pas exactement de quoi il s’agit. Seulement voilà, 46% des Français interrogés se déclarent « pas inquiets », alors que seulement 9% le sont beaucoup. La prise de conscience quant à la dangerosité du cancer colorectal tarde donc à se mettre en place. La question se pose de savoir pourquoi… Le stade tardif d’apparition des symptômes et les cas « non familiaux » sont méconnus : insidieux, ce cancer évolue souvent dans un 1er temps sans symptômes perceptibles, d’où un diagnostic retardé.

Ainsi, 9% des personnes n’ayant jamais fait de coloscopie et 19% n’ayant jamais fait de test immunologique se disent gênées par l’examen.

COLONDAYS : l’occasion de se faire dépister !cancer du côlon

Le manque d’information quant aux facteurs de risques accentue en outre ce manque de considération. 54 % Français ne se perçoivent pas comme des sujets à risque, 27% estiment l’être (34% d’hommes et 22% de femmes) et 19% ignorent s’ils le sont ou non. Ce dernier chiffre souligne le fait qu’une part importante de Français est encore trop peu informée sur les facteurs de risques de la maladie. Le cancer du côlon reste un sujet tabou : il relève de la sphère intime. Ainsi, 9% des personnes n’ayant jamais fait de coloscopie et 19% n’ayant jamais fait de test immunologique se disent gênées par l’examen.

Les Français restent ainsi très réticents à se faire dépister. 1 Français sur 4 n’a jamais effectué de dépistage. Moins d’une personne concernée sur 3, soit 31,7%, se soumet au test de dépistage chaque année, selon l’Institut National de Veille Sanitaire. Un taux inférieur à l’objectif européen minimal de 45 % de participation, loin derrière le taux souhaitable de 65 % !

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