Cancer du sein : le dépistage en baisse

Le 27 juin 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) s’inquiète de la baisse du nombre de femmes qui se soumettent au dépistage du cancer du sein…

« Le dépistage organisé a baissé de façon historique ces derniers mois », a ainsi déploré le président du CNGOF, le professeur Israël Nisand, mercredi dernier lors d’une conférence de presse à Paris. « Il y a une ambiance qui pousse à la méfiance et touche aussi les vaccins. C’est le domaine du doute », a-t-il poursuivi. « Nous voulons dire : Il y a peut-être des gens qui doutent, mais nous, on ne doute pas ».  « Nous constatons des situations de plus en plus graves, qui n’existaient plus », a ajouté le professeur Nisand. Selon le CNGOF, les spécialistes voient arriver des patientes porteuses de tumeurs à un stade plus avancé qu’auparavant.

Objectif européen, 70% de taux de dépistage. La France, en-deçà de ce chiffre

Depuis 2004, un programme de dépistage organisé du cancer du sein est proposé aux femmes de 50 à 74 ans, avec un protocole précis qui inclut des mammographies prises en charge à 100% réalisées tous les deux ans. Après avoir fortement progressé les premières années, ce dépistage organisé a marqué le pas. Son taux dépassait à peine les 52% en 2014.  A ce dépistage organisé s’ajoute le dépistage individuel (des mammographies de contrôle prescrites par les gynécologues ou les médecins), qui représente 10 à 15% des femmes de 50 à 74 ans. L’addition des deux reste en-deçà de l’objectif européen fixé à 70%. Or, « le diagnostic du cancer du sein à un stade précoce reste vital », a souligné le docteur Marc Espié, responsable du centre des maladies du sein de l’hôpital Saint-Louis à Paris.

Certains professionnels de santé estiment que la politique de dépistage n’a pas d’effet sur le niveau de mortalité et entraîne un risque de surdiagnostic 

Le nombre de décès que le dépistage permet d’éviter est sujet à controverses. Selon le CNGOF, il se monte à environ 20%. Mais certains professionnels de santé estiment que la politique de dépistage n’a pas d’effet sur le niveau de mortalité et entraîne un risque de surdiagnostic (détection et ablation de cellules anormales, mais qui n’auraient jamais évolué en cancer).  Le cancer du sein touche plus de 50.000 nouvelles femmes par an et 12.000 femmes en meurent chaque année. C’est la première cause de mortalité par cancer chez la femme.

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