Cancer : la larynx artificiel tient ses promesses

Le 5 février 2017 - Par Vanessa Bernard

La journée mondiale de lutte contre le cancer s’est tenue ce samedi. L’occasion de sensibiliser le grand public à la prévention, à la détection et au traitement de cette maladie. L’occasion aussi de revenir sur les grandes avancées. Parmi elles, le larynx artificiel avec lequel vit depuis 18 mois déjà un patient.

L’Inserm reste évidemment mobilisé pour faire avancer la recherche, tant sur l’amélioration de la prise en charge, que sur l’efficience des thérapies existantes ou l’amélioration du diagnostic de certains cancers. C’est ainsi que des chercheurs de l’unité Inserm 1121 « Biomatériaux et Bioingénierie » (Inserm/ Université de Strasbourg) ont amélioré le larynx artificiel qu’ils avaient mis au point il y a 5 ans et optimisé leur technique chirurgicale. Un patient atteint d’un cancer qui avait subi une laryngectomie, porte cet implant depuis 18 mois. Grâce à cela, il peut respirer par la bouche et le nez, a retrouvé la voix et l’olfaction, et se passe de l’orifice de trachéotomie : sa vie quotidienne s’est largement améliorée.

Contre le cancer du larynx

Dans le cas de cancers sévères du larynx, les médecins peuvent décider de pratiquer une laryngectomie totale. Le patient a alors besoin d’une trachéotomie afin de pouvoir respirer correctement par un orifice créé au niveau du cou. Une intervention qui détériore la qualité de vie, puisqu’elle a notamment pour conséquence la perte de la voix et de l’olfaction. Avant la mise au point du larynx artificiel, il était possible aux patients atteints de ce cancer d’utiliser la voix œsophagienne pour communiquer par le biais d’un rééducation ad hoc. Seulement voilà, la technique est aussi longue qu’éprouvante.

La mise au point du larynx artificiel

Christian Debry, chercheur à l’Unité Inserm 1121 et chef du service ORL et chirurgie cervico-faciale au CHU de Strasbourg Hautepierre et ses collaborateurs se sont donc attachés à développer pour ces patients un larynx artificiel. 6 patients ont été implantés depuis 2012 mais n’ont pu conserver l’implant en raison de leur état de santé fragile. Mais l’an dernier, les chercheurs ont optimisé les traitements de surface des implants en développant un film antimicrobien pour éviter son rejet. « Le patient de 56 ans bénéficie de l’implant optimisé depuis plus de 18 mois. Aujourd’hui, il a retrouvé sa voix et son olfaction, supprimées par l’opération. Il est capable de se passer complètement de l’utilisation de l’orifice de trachéotomie pendant de longues périodes de jour comme de nuit. C’est la première fois qu’un tel concept fait sa preuve », explique Christian Debry.

Un bel espoir pour les malades

Si chez le patient en question, persistent encore des troubles de la déglutition, une première étape a toutefois été franchie grâce à l’optimisation du larynx artificiel qui représente un gain réel en termes de confort et de qualité de vie pour les malades. « Nous avons pour ambition de leur redonner à terme la capacité de se nourrir normalement et qu’ils retrouvent leur socialité lors des moments de repas. Les perspectives d’évolution de cette prothèse restent considérables », conclut Christian Debry.

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