Cancer du sein : les hommes concernés aussi !

Le 15 janvier 2018 - Par Vanessa Bernard

Premier cancer chez la femme, le cancer du sein entraîne plus de 11 000 décès chaque année en France. Mais saviez-vous qu’1% des hommes sont aussi concernés ?

Dans le monde, une femme meurt d’un cancer du sein toutes les 53 minutes. Dans plus de 8 cas sur 10, il atteint des femmes âgées de 50 ans et plus, soit 78% des diagnostics après 50 ans (dont 28% au-delà de 69 ans). 10 % des cas concernent des femmes âgées de moins de 35 ans et, chose souvent ignorée, 1% des hommes…

Chez eux (l‘âge moyen d’apparition de ce type de cancer se situe entre 60 et 65 ans), le carcinome mammaire comme le jargon médical l’appelle est donc exceptionnel. C’est d’ailleurs justement pour cette raison que l’attention qui lui est porté chez l’homme est toute relative. Résultat, un examen des seins souvent anecdotique voire inexistant chez ces messieurs, et un dépistage tardif. Conséquence : trop fréquemment, les hommes se présentent à la consultation avec un cancer mammaire déjà bien développé.

 10 % des cas concernent des femmes âgées de moins de 35 ans et, chose souvent ignorée, 1% des hommes…

L’importance du dépistage chez l’homme comme chez la femme

Pourtant, comme pour la femme, le cancer du sein de l’homme mérite un diagnostic porté à temps en vue d’une prise en charge adéquate étant donné la fréquence d’envahissement et de métastases à distance. Or, c’est bien là tout le problème de cette maladie « typique » pourrait-on dire de la gente féminine : un mal méconnu concernant l’homme, entraînant dès lors un retard de prise en charge pouvant être lourd de conséquences.

Au-delà de l’aspect purement «médical », il faut savoir aussi qu’à l’annonce du diagnostic, il n’est pas rare que les hommes ressentent un sentiment de honte du fait justement d’une maladie exclusivement attribuée aux femmes. Il se sent atteint dans sa virilité, exclu, n’ose pas en parler. C’est alors, bien souvent la double peine.

Il se sent atteint dans sa virilité, exclu, n’ose pas en parler. C’est alors, bien souvent la double peine.

Cancer du sein de l’homme : un dépistage très complexe

Mais alors comment détecter la maladie chez l’homme qui, au contraire de la femme largement incitée au dépistage, n’est pas soumis en la matière à des examens de contrôle particuliers ? C’est bien là que le bas blesse ! D’abord, il n’est pas de symptômes flagrants ce qui fait que, généralement, un patient potentiellement concerné va aller consulter suite à la découverte d’une boule dans un de ses seins. Pour autant, on sait qu’il est des patients plus exposés : on parle ici de ceux issus de familles à risque, c’est-à-dire, celles chez qui la maladie a déjà  frappé. Dès lors, est envisagé et même recommandé un dépistage génétique afin de savoir si le patient est porteur du gène et le cas échéant, d’en connaître la mutation.


Prendre en compte les facteurs de risques

Le dépistage tient donc plus à la prise en compte des facteurs de risques, tels que l’hérédité, qu’à l’examen médical régulier qui, chez l’homme, n’existe de toute façon pas. Ainsi, outre la prédisposition héréditaire (une mutation génétique avérée, par exemple, une mutation des gènes BRCA) ; sont aussi à considérer le syndrome de Klinefelter, une anomalie chromosomique congénitale, des radiographies du thorax (suite à un autre cancer, par exemple), les antécédents familiaux, on l’a vu, mais aussi d’éventuels troubles hormonaux. Les hommes, en effet, sécrètent des hormones féminines, les fameuses oestrogènes ; chez certains, elles sont produites de manière excessive pouvant alors les exposer plus particulièrement.

Sans pouvoir l’affirmer scientifiquement parlant, le corps médical parle d’autres risques « possibles » comme l’obésité, la consommation d’alcool, des traitements à base d’oestrogène, ou encore des troubles testiculaires.

Le dépistage tient donc plus à la prise en compte des facteurs de risques, tels que l’hérédité, qu’à l’examen médical régulier qui, chez l’homme, n’existe de toute façon pas

Commente traiter la cancer du sein chez l’homme ?

Parlons diagnostic, déjà. Comme chez la femme, c’est d’abord une mammographie qui va être prescrite, puis une échographie et une biopsie. Vient alors la phase d’examen des échantillons de tissu au microscope afin d’établir s’il s’agit bien d’un cancer du sein, et le cas échéant, si les cellules cancéreuses présentent des récepteurs hormonaux ou d’autres caractéristiques susceptibles de favoriser la croissance de la tumeur. D’autres examens pourront aussi être pratiqués pour trouver d’éventuelles métastases.

Le traitement va ensuite s’adapter à chaque cas particulier en fonction de différents critères comme la taille de la tumeur, les caractéristiques des tissus, l’atteinte ou non des ganglions lymphatiques et la présence ou non de métastases. Plusieurs méthodes sont alors possibles : la chirurgie pour enlever complètement la tumeur (mastectomie), la chimiothérapie, la radiothérapie, l’hormonothérapie (traitement anti-hormonal) ou encore les thérapies ciblées.

Le traitement va ensuite s’adapter à chaque cas particulier en fonction de différents critères comme la taille de la tumeur, les caractéristiques des tissus, l’atteinte ou non des ganglions lymphatiques et la présence ou non de métastases

Quels effets secondaires craindre ?

Comme tous les traitements, ceux inhérents au cancer du sein chez l’homme ont des effets secondaires. Variables en fonction des personnes mais aussi des protocoles de soins, reste qu’il est des effets indésirables suffisamment connus pour être cités comme de la fatigue, des nausées et vomissements, des périodes entre diarrhées et constipation, de l’alopécie (chute de cheveux) ou encore des phases d’aplasie (Ndlr : les chimiothérapies bloquent temporairement l’activité de la moelle osseuse, entraînant une diminution de la production des cellules sanguines) et de modification de la formule sanguine. On parlera aussi du risque de lymphœdème du membre supérieur, dans les faits, un gonflement provoqué par le ralentissement ou le blocage de la circulation de la lymphe.

Comment l’aborder ?

Passé le choc de l’annonce, des examens et du traitement, reste encore l’aspect psychologique à aborder, et peut-être même plus particulièrement dans le cas d’un carcinome canalaire infiltrant (le cancer du sein le plus fréquent chez l’homme). D’un point du vue purement physiologique, il faut admettre d’abord que oui, l’homme a bien des seins. Certes, ils sont plus petits que ceux de la femme, et ne servent pas à l’allaitement, pour autant ils sont faits quasiment de la même façon. La seule différence tient au fait que chez l’homme la glande mammaire ne s’est pas développée à la puberté (contrairement aux dames), il demeure donc « plat ». En tout état de cause, il n’est pas de honte à avoir face à la maladie. En parler est encore le meilleur moyen de sortir du tabou, et en parler le plus tôt possible (dès l’apparition des premiers symptômes) à son médecin…

En France aussi, on estime que 250 le nombre de Français qui, par an, apprennent qu’ils sont touchés par ce cancer. Malheureusement, la méconnaissance de la maladie chez l’homme rend difficile le dépistage. De fait, le diagnostic est trop souvent tardif, avec par conséquent un taux de survie à 5 ans moins bon chez ces messieurs que chez la femme (69 % contre 80 % en moyenne), avec un risque de métastases plus élevé.

Les signes à surveiller :

  • Bosses au sein ou épaississement de se peau du sein ;
  • Changement d’apparence ou écoulement du mamelon ;
  • Rougeur au niveau du sein ou du mamelon ;
  • Plis dans la peau du sein ;
  • Enflure ou douleur au niveau du sein ou de l’aisselle.

Principaux facteurs de risque du cancer du sein chez l’homme :

  • Des antécédents familiaux ;
  • Etre porteur d’une mutation génétique ;
  • Un traitement à base d’œstrogène ;
  • Taux d’androgène (hormone masculine) bas ou un taux d’œstrogène élevé
  • Une maladie ou un état associé(e) à la gynécomastie (développement excessif des glandes mammaires), le syndrome de Klinefelter (fait d’avoir deux chromosomes X au lieu d’un seul) ou une cirrhose (maladie chronique du foie).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>