Cancer du col de l’utérus : la prévention, c’est pas vraiment ça…

Le 13 janvier 2017 - Par Vanessa Bernard

En 2015, le cancer du col de l’utérus a touché près de 2 800 femmes en France et en tué un peu plus d’un millier. Pourtant, la maladie est aujourd’hui considérée comme largement évitable grâce à la vaccination et au dépistage. Les gynécologues tirent la sonnette d’alarme.

Pour le Dr. Jean-Luc Mergui, président de la Société française de pathologies cervico-vaginales (SFCPCV), la situation en France est « très préoccupante », puisque « nous sommes en train d’accumuler un retard important par rapport aux autres pays européens. » Ce qui l’inquiète plus particulièrement ? Le faible taux de couverture vaccinale : 15% à peine. Il semblerait que la vaccination contre le papillomavirus destinée à prévenir les lésions précancéreuses du col utérin, recommandé chez les filles de 11 à 15 ans, fasse l’objet d’une grande défiance dans l’Hexagone. En Finlande, ce taux est de 90% en Finlande, au Royaume-Uni, de 85%.

Cancer du col de l’utérus : un dépistage insuffisantgynécologue

Du côté du dépistage aussi, le médecin met en alerte. Quand au Royaume-Uni, 85% des femmes entre 25 et 65 ans se soumettent, comme recommandé, tous les 3 à l’examen ad hoc (le frottis), en France, le taux de couverture est plutôt de l’ordre de 50 à 60% des femmes. La SFCPCV préconise donc la mise en place d’un dépistage organisé. Actuellement, le dépistage se fait de manière « spontanée » et baisse sensiblement après l’âge de 50 ans, relève le Dr Mergui, tout en insistant sur la nécessité d’un meilleur suivi chez les femmes présentant des anomalies.

Résultat ? Des conisations excessives…

Ainsi, selon la SFCPCV, un tiers des 25 000 « conisations », réalisées chaque année en France peuvent être considérées comme « excessives et sans contrôle de qualité ». La conisation est en fait l’intervention consistant à enlever chirurgicalement une partie du col de l’utérus ; elle n’est pas anodine chez les femmes en âge de procréer puisqu’elle peut être à l’origine d’accouchements prématurés, d’autant plus nombreux que le volume retiré est important. C’est ce qui arrive notamment lorsque la conisation est réalisée sans colposcopie (sans contrôle microscopique) comme c’est le cas actuellement dans près de 70% des cas, selon la Société.

En outre, cette dernière estime aussi que près la moitié des 3 500 ablations de l’utérus (hystérectomies) réalisées pour des lésions du col de l’utérus ne seraient pas non plus justifiées.

Source : AFP

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