BPCO : l’importance d’un dépistage précoce

Le 3 janvier 2018 - Par Vanessa Bernard

Maladie respiratoire chronique due à une obstruction permanente et progressive des voies aériennes, la BPCO ne se guérit pas. Heureusement, des traitements peuvent en soulager les symptômes. Dès lors, la précocité du diagnostic revêt une importance cruciale.

Dans plus de 80 % des cas, la BPCO, acronyme de broncho-pneumopathie chronique obstructive est due au tabagisme actif mais aussi passif. D’autres facteurs peuvent également la favoriser comme la consommation de cannabis, la pollution de l’air au travail, les antécédents d’infections pulmonaires pendant l’enfance et, plus rarement, une anomalie génétique. La BPCO demeure une maladie grave qui touche entre 3 et 3,5 millions de personnes en France, et est responsable d’environ 16 000 décès par an ! Relativement méconnue du grand public, elle induit alors des symptômes qu’on ne lui prête pas…

Les symptômes de la BPCO

Essoufflement (dyspnée) dans l’effort puis dans la vie quotidienne, et parfois même au repos, bronchites fréquentes ou traînantes (plusieurs fois dans l’année), toux… doivent pourtant être des alertes et par conséquent des motifs de consultation médicale. En effet, il peut s’agir des signes d’une BPCO ! Et, il est important de savoir que malheureusement les dégâts de la maladie sont en grande partie non ou peu réversibles, et doivent, dès lors, faire l’objet d’une prise en charge adaptée. Car, si elle ne se guérit pas, la BPCO peut être très largement soulagée grâce à des traitements qui vont alors permettre d’atténuer l’essoufflement et prévenir les exacerbations. D’où l’importance de la détecter au stade le plus précoce possible.

Essoufflement dans l’effort puis dans la vie quotidienne, et parfois même au repos, bronchites fréquentes ou traînantes, toux… doivent pourtant être des alertes et par conséquent des motifs de consultation médicale.

Mais voilà que le problème avec la BPCO, c’est qu’elle peut être longtemps silencieuse et évoluer lentement. Pour autant, à tous les stades, peut exister une bronchite chronique, c’est-à-dire une toux grasse quotidienne ou quasi quotidienne durant plusieurs mois par an depuis au moins deux ans. Progressivement, se développe alors aussi un emphysème, c’est-à-dire une destruction des alvéoles pulmonaires.

BPCO : 4 stades dans la maladie

On dénombre ainsi quatre stades pour cette maladie avec pour chacun, des symptômes à prendre en considération. La BPCO légère se caractérise par un peu d’essoufflement lors d’efforts physiques importants mais ici le souffle est encore peu altéré. Non soignée, elle aboutit alors à une BPCO modérée qui, elle, va se caractériser par un rétrécissement plus important, et en partie irréversible, du calibre des bronches. Très altéré, ce dernier ne peut plus assurer correctement le passage de l’air : s’il entre dans les alvéoles pulmonaires, en revanche, il s’évacue difficilement. L’essoufflement devient de plus en plus gênant. Parfois plusieurs semaines sont alors nécessaires pour se remettre d’un rhume ou d’une infection respiratoire.

Les bronches se rétrécissent de plus en plus…

Au stade 3, le calibre des bronches est là très rétréci : le patient s’essouffle, même pour des efforts minimes ; on parle alors de handicap respiratoire. Enfin, une BPCO dite très sévère induit des difficultés respiratoires quotidiennes. Il devient alors difficile voire impossible d’aller travailler ou d’effectuer de simples tâches du quotidien.  Par exemple, le malade atteint de BPCO ne peut plus monter un escalier aisément, il est très facilement fatigué.

Avant toute chose, la priorité est d’adopter une meilleure hygiène de vie. Ainsi, l’arrêt des irritants (et en particulier le sevrage tabagique) est le premier réflexe à adopter pour préserver son « capital souffle »

Les traitements de la BPCO

Mais alors, quels sont les traitements qui vont permettre de réduire les symptômes ? Avant toute chose, la priorité est d’adopter une meilleure hygiène de vie. Ainsi, l’arrêt des irritants (et en particulier le sevrage tabagique) est le premier réflexe à adopter pour préserver son « capital souffle ». La vaccination peut en outre être préconisée pour diminuer les surinfections tandis que certains médicaments seront prescrits pour permettre de relâcher les bronches (bronchodilatateurs). Enfin, la réhabilitation respiratoire va aider à améliorer la tolérance à l’effort. Celle-ci est conseillée à tous les malades atteints de BPCO, même sévères, dyspnéiques et intolérants à l’effort, quel que soit leur âge : elle réduit le nombre d’hospitalisations pour exacerbations et améliore la qualité de vie. Enfin ne négligeons pas, non plus, l’importance de la reprise d’une activité physique qui permet aux malades d’éviter de sombrer dans un immobilisme préjudiciable à sa santé en général.

Il faut savoir que les principaux facteurs de risque de la BPCO sont dus à des particules nocives inhalées comme le tabac, les pollutions de l’air, les milieux professionnels, les infections dans l’enfance. 

BPCO : êtes-vous concerné ?

Il faut savoir que les principaux facteurs de risque de la BPCO sont dus à des particules nocives inhalées comme le tabac, les pollutions de l’air (des habitations ou pollution atmosphérique), les milieux professionnels, les infections dans l’enfance. Le tabac représente à lui seul 85% voire 90% au moins des cas de BPCO. Dès lors, tous les fumeurs sont concernés ! Plus un individu a fumé, plus il risque de développer une BPCO. On estime ainsi qu’à partir d’un paquet par jour pendant 15 ans, le risque devient significatif. Même pour une exposition moindre, le tabagisme, y compris le tabagisme passif, constitue un risque dont il faut tenir compte.

En outre, il est des catégories socio-professionnelles plus exposées, par exemple, toutes les activités mettant les travailleurs en contact avec certains polluants : gaz, fumées, poussières, vapeurs toxiques… Ainsi, les mineurs, les ouvriers de fonderie, du bâtiment et de l’industrie textile ainsi que les agriculteurs font partie des professionnels concernés.

Vous avez une BPCO ?

Nos conseils :

- Des visites de contrôle régulières même si vous vous sentez bien.

- Demandez à ce que l’on mesure votre souffle

- Pensez à vous faire vacciner contre la grippe (chaque année), et contre le pneumocoque

- N’hésitez pas à demander à votre médecin traitant ou votre pharmacien de vous expliquer en détail votre traitement

- Apportez à chaque visite la liste complète des médicaments que vous prenez déjà

- Décrivez bien à votre médecin quels sont, sur vous, les effets (bénéfiques ou indésirables) des médicaments que vous prenez

- Demandez à votre médecin ce que vous devez faire en cas d’aggravation de votre état respiratoire

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