Bipolarité rime avec complexité

Le 8 octobre 2015 - Par Manon Costantini

La Haute autorité de santé (HAS) vient de tirer la sonnette d’alarme sur la nécessité de dépister le trouble bipolaire au plus tôt afin de réduire le risque de suicide. Les Français seraient 2,5% à souffrir de cette pathologie….

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le trouble bipolaire est classé parmi les dix pathologies les plus coûteuses et invalidantes. Débutant le plus souvent chez l’adolescent ou le jeune adulte et nécessitant une prise en charge qui durera toute sa vie, ce trouble est particulièrement complexe à diagnostiquer. A cela s’ajoute, le fait qu’il faut compter en moyenne dix ans avant de mettre en place un traitement adapté alors même que la maladie s’avère être un réel handicap dans le quotidien de la personne qui en souffre.

Selon l’OMS, le taux de mortalité chez les bipolaires est deux à trois fois plus élevé que celui du reste de la population

Anciennement nommée « psychose maniaco-dépressive », la bipolarité entraîne, en effet, des variations anormales de l’humeur. Des épisodes maniaques aux dépressifs, le patient vit au rythme de sa pathologie ; il est de plus particulièrement concerné par le phénomène de morbidité précoce.

Selon l’OMS, le taux de mortalité chez les bipolaires est deux à trois fois plus élevé que celui du reste de la population. Le suicide est en outre un risque particulièrement prégnant puisqu’il concerne près de 15% des personnes atteintes : le diagnostic et la mise en place d’un traitement se faisant très tardivement, le pronostic s’aggrave au fil du temps entrainant alors la renonciation des malades…

Une réalité qui aujourd’hui conduit à poser la question du diagnostic. Encore trop tardif, trop mortel… L’analyse fine du trouble dépressif, au regard des antécédents familiaux du sujet, de la fréquence de ses précédents épisodes dépressifs ou encore de la survenue d’une dépression avant 25 ans, signes pouvant être des indicateurs de bipolarité, semble essentielle. Pour cela, un grand chemin mérite encore d’être parcouru….

Pourquoi le diagnostic est-il si long ?

Pour diagnostiquer un trouble bipolaire, il faut impérativement que le patient ait subit au moins un épisode dépressif et un épisode maniaque/hypomaniaque. Le problème, c’est que les épisodes dépressifs sont souvent prédominants et nombreux, tandis que l’épisode maniaque/hypomaniaque peut se manifester plus rarement, et passer inaperçu auprès du professionnel de santé en charge du patient. De plus, il est important d’analyser longuement la pathologie pour ne pas qu’elle soit confondue avec une affection comme la schizophrénie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>