Alzheimer : le bel espoir de la thérapie « occupationnelle »

Le 25 janvier 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

Une thérapie personnalisée à domicile, dite « occupationnelle », permettrait de ralentir, sans médicament, la perte d’autonomie et de réduire les troubles du comportement chez des patients atteints de démence et notamment de la maladie d’Alzheimer, annonce l’Inserm.

« Notre étude a permis de montrer qu’en situation réelle, les patients étaient soient améliorés soit stabilisés pendant la durée de la thérapie » a ainsi indiqué Catherine Helmer, chercheuse à l’Inserm et coauteur de l’étude publiée récemment dans la revue spécialisée The Journal of Alzheimer’s Disease. Utilisée en France depuis le début des années 2010, la thérapie « occupationnelle » consiste à proposer une formule « adaptée à chaque patient » : quinze séances sont organisées à son domicile par des ergothérapeutes et des psychothérapeutes qui lui réapprennent des « choses simples » comme le fait de s’habiller, faire des courses ou recevoir des amis. « Les thérapeutes ont recours à des mises en situation et des jeux de rôle, mais ils s’efforcent également de former les aidants pour qu’ils puissent prendre la relève », explique Mme Helmer.

Des résultats encourageants

L’étude a porté sur 421 patients atteints de démence qui ont été suivis pendant leur prise en charge (15 séances au total sur une période de trois mois) et au cours des trois mois suivants. Grâce à leurs travaux, les chercheurs ont découvert que les troubles du comportement ou le temps passé par les aidants à s’occuper des malades avaient « significativement » diminué pendant la durée de l’intervention et qu’ils s’étaient stabilisés ensuite. Les performances cognitives (mémoire…) sont pour leur part restées stables au cours des six mois de l’étude, contrairement à « l’autonomie fonctionnelle » (la capacité des patients à assumer certaines tâches quotidiennes) qui après une stabilisation pendant la thérapie, a « significativement » diminué ensuite.

La thérapie occupationnelle à mettre en oeuvre à un stade précoce

Autre découverte des chercheurs, les patients ayant le plus bénéficié de la thérapie « occupationnelle » étaient ceux diagnostiqués le plus récemment, suggérant une efficacité plus grande de cette thérapie aux stades précoces de la maladie. Selon Santé publique France, environ 1,2 million de personnes souffrent en France de la maladie d’Alzheimer ou d’autres démences dont 770 000 ont été prises en charge dans le système de soins en 2014. Aucun traitement curatif n’est disponible à l’heure actuelle même si des médicaments peuvent toutefois être utilisés pour traiter certains symptômes.

Reste que pour confirmer l’intérêt de la thérapie « occupationnelle » les chercheurs de l’Inserm s’apprêtent à poursuivre l’étude pendant une période supplémentaire de quatre mois (avec huit séances additionnelles) et de comparer des patients ayant bénéficié de 23 séances à ceux n’en ayant eu que 15. Rappelons que le plan Alzheimer 2008-2012 s’était fixé comme objectif de mettre en place quelque 500 équipes capables de pratiquer cette thérapie sur le  terrain.

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