Alimentation : un nouvel additif (E171) en cause

Le 22 janvier 2017 - Par Vanessa Bernard

Cette fois, c’est l’additif alimentaire E171 qui est pointé du doigt. Une étude réalisée par l’INRA l’accuse d’être responsable de lésions pré-cancéreuses chez le rat. Explications.

L’additif E171, en question est communément utilisé dans l’agroalimentaire pour blanchir et opacifier des dentifrices, confiseries et autres plats préparés. Mais voilà qu’une étude menée depuis 4 ans et publiée en fin de semaine dernière dans la revue britannique Scientific Reports, met en lumière sa dangerosité potentielle, puisqu’il a été établi que chez le rat, cet additif induit et promeut la croissance de lésions pré-cancéreuses. Appelé dioxyde de titane de son nom scientifique, cet additif composé à 45% de nanoparticules, « pénètre la paroi de l’intestin du rat provoquant dès lors une baisse de l’activité de son système immunitaire », a ainsi expliqué à l’AFP, Eric Houdeau, biologiste, directeur de recherche en physiologie et toxicologie alimentaire à l’INRA de Toulouse, l’un des auteurs de l’étude.

Des lésions cancéreuses après 100 jours d’exposition

Une exposition orale dite chronique (c’est-à-dire sur 100 jours) au produit E171 a suffit à laisser se développer un terrain micro-inflammatoire sur la partie terminale de l’intestin, le colon. Bilan : à l’issue de cette période, « 40% des rats étudiés présentaient des lésions pré-cancéreuses sur le colon », a ajouté Fabrice Pierre, coauteur de l’étude, chercheur de l’unité Toxalim au Centre de recherche en toxicologie alimentaire. Et sur un lot de rats présentant tous déjà des lésions pré-cancéreuses, l’ingestion de E171 pendant 100 jours a produit un grossissement des lésions sur 20% d’entre eux.

Ne pas extrapoler sur l’homme…

Sur la base de leurs résultats, les scientifiques ont donc montré que l’exposition orale au E171 a initié et promu la croissance de lésions pré-cancéreuses chez l’animal. Pour autant, ils se veulent « modérés » quant aux conclusions à en tirer : « On ne peut pas conclure sur la base de cette étude quant au caractère cancérigène du E171 », a souhaité ajouter M. Pierre. Elle ne permet pas non plus une extrapolation à l’homme. Pour autant, elle pousse toutefois à la vigilance : « Les données cumulées sur les phases précoces de la pathologie vont justifier une étude supplémentaire de deux ans sur la carcinogénèse (origine du cancer) ».

Une enquête des autorités sanitaires est toutefois en cours

Vendredi dernier, les ministères chargés de l’Économie, de la Santé et de l’Agriculture ont toutefois décidé de saisir conjointement l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) afin de déterminer si l’additif alimentaire E171 présente un éventuel danger pour les consommateurs. Cette saisine dont les résultats seronadditif alimentairet connus fin mars s’inscrit dans le cadre des travaux de l’agence déjà engagés à la demande du gouvernement le 17 octobre 2016 sur l’impact potentiel sur la santé des nanomatériaux présents dans l’alimentation de manière plus générale. Rappelons que le dioxyde de titane (nom scientifique de l’additif en cause) est l’un des cinq nanomatériaux de synthèse les plus couramment utilisés dans des produits de consommation à usage quotidien, comme l’alimentation.

Ces nanoparticules qui « s’invitent » dans nos assiettes…

Rappelons aussi qu’en juin dernier, l’ONG Agir pour l’environnement avait alerté sur la présence de nanoparticules, dont le dioxyde de titane, dans de nombreux produits alimentaires, et notamment dans plus d’une centaine de confiseries sans être signalé sur les étiquettes. Les nanoparticules, qui relèvent de l’extrêmement petit (un milliardième de mètre, soit 50.000 fois plus petites qu’un cheveu), ont la capacité de franchir des barrières physiologiques de type intestins, cerveau ou reins. En ce qui concerne le dioxyde de titane, une évaluation par l’agence du cancer de l’OMS (Circ/Iarc) a conduit à le classer comme cancérogène possible pour l’homme en cas d’exposition professionnelle par inhalation, rappelle l’INRA.

Source : AFP

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>