Additifs : des nanoparticules dans les sucreries !

Le 28 août 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

Des additifs sont présents sous forme de nanoparticules dans des sucreries, sans que ce soit spécifié, dénonce le magazine 60 Millions de Consommateurs dans son édition de septembre, s’inquiétant des effets pour la santé et déplorant l’opacité des industriels, une alerte déjà lancée dans le passé par des ONG.

Cible des tests pratiqués par 60 Millions (publication de l’Institut national de la consommation) dans son enquête, l’additif E171 ou dioxyde de titane est composé en partie de nanoparticules. Il est utilisé communément dans l’industrie agroalimentaire et cosmétique pour blanchir confiseries, plats préparés et même des dentifrices. Des propriétés optimisées sous la forme nano, 50.000 fois plus petite qu’un cheveu, laquelle pose en revanche question pour la santé parce qu’elle passe plus facilement les barrières physiologiques, selon l’association. « Lorsqu’une substance étrangère s’immisce au sein-même d’une cellule, on peut évidemment supposer qu’il peut y avoir des dégâts, en tout cas un dérèglement de certaines de ces cellules », explique Patricia Chairopoulos, co-autrice de l’étude, en reprochant aux industriels concernés, sinon de mentir, pour le moins de faire preuve de « manque de vigilance » et de « manque de rigueur ».

E 171 : une présence risquée à l’état nano ?

Sur 18 produits sucrés testés par 60 Millions, du dioxyde de titane sous forme de nanoparticules a été retrouvé systématiquement, mais dans des proportions variées : il représentait de 10% à 100% de l’additif présent dans ces différentes sucreries, parfois célèbres, des biscuits Napolitain de Lu (12%) aux gâteaux glacés Monoprix Gourmet (100%), en passant par les M&M’s (20%). Une fois encore, la présence d’E171 apparaît clairement sur les étiquettes, mais jamais la mention nanoparticules, selon l’association. Or, si cet additif en lui-même ne présente pas de danger particulier sous forme microscopique, sa présence à l’état nano est plus problématique, a souligné Mme Chairopoulos. « On ne sait pas grand-chose sur cette forme nano. C’est ça qui nous pose problème, d’autant plus qu’une étude récente de l’Inra, parue en janvier 2017, entraîne un peu de suspicion », a-t-elle expliqué.

 Le dioxyde de titane, potentiellement cancérogène 

L’Anses (Agence nationale de Santé) a en effet été saisie en janvier par les ministères de l’Economie, de la Santé et de l’Agriculture pour déterminer si ce produit « présente un éventuel danger pour les consommateurs », après la publication d’une étude de l’Inra concluant que l’exposition chronique au E171 favorisait la croissance de lésions pré-cancéreuses chez le rat. Cette étude ne permettait pas une extrapolation à l’homme, avait indiqué un auteur de l’étude de l’Inra. Une évaluation par l’agence du cancer de l’OMS (Circ/Iarc) avait conduit à classer le dioxyde de titane comme cancérogène possible pour l’homme en cas d’exposition professionnelle par inhalation, avait toutefois rappelé l’Inra.

En juin 2016 déjà, l’ONG Agir pour l’environnement avait alerté sur la présence de nanoparticules, dont le dioxyde de titane, dans de nombreux produits alimentaires, et notamment dans plus d’une centaine de confiseries où ils n’étaient pas signalés sur les étiquettes.

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